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Uber : les chauffeurs de taxis s'entendent sur d'éventuels recours judiciaires

Toujours mécontents de l'entente conclue entre Québec et Uber jeudi, les chauffeurs de taxi n'excluent aucune action pour faire entendre leur colère au gouvernement. Réunis pour une assemblée extraordinaire dimanche, le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos) a annoncé que l'industrie du taxi contesterait l'entente en cour.

À Montréal, des centaines de chauffeurs ont répondu à l'appel lancé par le RTAM-Métallos pour décider de la stratégie à adopter dans leur lutte contre le projet pilote d'un an. Le RTAM-Métallos juge que l'entente entre Québec et Uber est inéquitable et que le ministre outrepasse ses pouvoirs.

Les membres qui étaient sur place se sont mis d'accord pour « déposer les recours juridiques nécessaires », a dit le responsable du développement stratégique RTAM-Métallos, Benoît Jugand.

Plusieurs moyens de pression ont été évoqués au cours des derniers jours et ont été discutés lors de cette réunion. Le dépôt d'une demande d'injonction interlocutoire est le premier moyen qui sera entrepris. Toutes les avenues, telles qu'une grève, sont toutefois pour l'heure étudiées.

Certains chauffeurs de taxi envisagent notamment la possibilité de faire une grève de six jours à Montréal et de 48 h à Québec. D'autres chauffeurs ont évoqué la possibilité de perturber de nouveau le service, comme ils l'ont fait samedi dans le Vieux-Port de Montréal, en refusant de prendre en charge les passagers d'un bateau de croisière. Il n'y aura toutefois pas de perturbation du transport adapté, selon l'industrie du taxi qui réclame une rencontre avec le ministre des Transports, Laurent Lessard, lundi.

Une demande formelle a été faite à ce sujet avant l'assemblée de dimanche, selon ce qu'a indiqué M. Jugand. L'éventuelle rencontre sera déterminante dans la poursuite de moyens de pression, a-t-il ajouté.

« Il y a plusieurs rencontres qui étaient planifiées à différentes heures et, pour nous, c'est inacceptable. On veut que l'ensemble des représentants de l'industrie soit informé en même temps et que l'on puisse prendre les décisions nécessaires », dit M. Jugand.

Par ailleurs, l'industrie du taxi n'exclut pas de déposer un recours collectif contre le gouvernement pour « aller récupérer ce que l'on nous vole ». 

Le premier ministre Philippe Couillard, qui participe au Festival de Saint-Tite a déclaré qu'il avait bon espoir que tout se passe bien. « C'est une bonne entente équilibrée et j'ai été très préoccupé tout le long par le maintien de l'équité pour les chauffeurs de taxi », a-t-il affirmé.

Les chauffeurs prennent la population en otage, déplore Alexandre Taillefer

Toutefois, l'homme d'affaires Alexandre Taillefer, qui, en plus de sa flotte Téo Taxi, s'est porté acquéreur de Taxi Hochelaga et Taxi Diamond [qui représentent 40 % du marché du taxi montréalais] dénonce l'attitude des chauffeurs.

Selon lui, le gouvernement du Québec a réussi à aller chercher des « conditions inégalées nulle part ailleurs dans le monde » avec son entente. Il cite notamment en exemple la remise obligatoire de TPS et de TVQ qui a été imposée à Uber.

Interrogé sur les moyens de pression envisagés par les chauffeurs de taxi, M. Taillefer a fait une mise en garde : les chauffeurs qui sont tentés de « de prendre en otage la population » s'exposent à de graves sanctions.

« Les citoyens comptent sur nous pour les reconduire, les gens à mobilité réduite comptent sur nous pour les reconduire [...] S'il y a des gens de nos entreprises qui participent à des manifestations qui sont jugées illégales ou qui affectent la réputation de l'industrie, il y aura des sanctions qui pourront aller jusqu'à la désaffiliation », a-t-il prévenu.

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