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Uber peut désormais embarquer des passagers à l'aéroport Montréal-Trudeau

Les passagers arrivant à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau peuvent désormais utiliser les services d'Uber pour quitter les lieux. Aéroports de Montréal (ADM) a annoncé lundi qu'une entente commerciale a été conclue avec l'entreprise à ce sujet, une entente aussitôt dénoncée par l'industrie du taxi.

Les clients de la controversée multinationale devront toutefois se rendre à la porte 6 pour prendre leur transport, le débarcadère principal des arrivées demeurant à l'usage exclusif des taxis détenteurs d'un permis d'aéroport valide.

Radio-Canada avait révélé, il y a un mois, qu'ADM et Uber avaient entrepris des négociations après que Québec eut convenu de mettre en place un projet pilote pour encadrer Uber. L'entente est d'ailleurs en vigueur jusqu'à ce que le projet pilote expire, en octobre 2017.

Jusqu'ici, les chauffeurs du service de transport rémunéré pouvaient transporter des clients à l'aéroport, mais ne pouvaient pas en ramener, l'application de l'entreprise étant bloquée sur les lieux.

Les chauffeurs détenaient un monopole pour le transport des passagers arrivés à Montréal. Jusqu'ici, seuls 325 chauffeurs de taxi choisis par tirage au sort chaque année pouvaient prendre des passagers. Ces permis, coûtant plus de 4000 $, étaient très courus : en 2015, 4200 chauffeurs avaient déposé leur candidature pour en obtenir un.

Le 14 novembre, ADM avait prolongé le permis des chauffeurs choisis jusqu'au 30 avril prochain.

En février, ADM avait aussi conclu une entente avec Téo Taxi pour permettre à des voitures de la compagnie de prendre des passagers à l'aéroport sans passer par le tirage au sort et sans s'acquitter des frais de plus de 4000 $.

Entente semblable à Québec

L'aéroport Jean-Lesage de Québec a également annoncé une entente similaire lundi. Les clients d'Uber devront là aussi se rendre dans une zone différente du débarcadère principal.

À Québec, les chauffeurs de taxi qui veulent desservir l'endroit ne paient toutefois pas un permis à l'aéroport, mais à leur coopérative.

ADM et l'aéroport Jean-Lesage soulignent tous deux que les voyageurs internationaux réclamaient les services d'Uber.

Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, dit être « heureux » de ces ententes. « Dès aujourd'hui, nous serons donc en mesure de répondre à la demande pour une alternative de transport fiable, sécuritaire et abordable aux aéroports », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L'industrie du taxi s'insurge

Le Front commun du taxi a dénoncé vertement l'entente, lundi après-midi.

« Les chauffeurs et propriétaires de taxi et limousine, qui déjà voient la valeur de leur permis diminuer, ne mangeront plus que du pain noir alors que l'essentiel du pain et du beurre ira à Uber. Il ne manque plus qu'un bas de Noël pour cette compagnie afin de compléter le portrait », affirment dans un communiqué Benoit Jugand et Guy Chevrette, les deux porte-paroles du Front commun du taxi.

Le Front commun du taxi interpelle le ministre des Transports, Laurent Lessard, pour qu'il intervienne. « Même les chauffeurs et propriétaires de taxi et limousine dont le permis est dans l'agglomération de l'aéroport n'ont pas le droit d'y prendre des clients. Où est l'équité dans cette inaction [du gouvernement]? », poursuit le communiqué.

« Le ministre a toujours affirmé que sa seule issue était de résilier le projet pilote d'Uber, si cette compagnie n'en respectait pas les termes. Or, avec cette entente, Uber renie les engagements qu'elle a pris avec le gouvernement du Québec ».

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