Vêtu d'un t-shirt blanc, la tête basse, Ugo Fredette a fait une brève comparution lundi matin au palais de justice de Saint-Jérôme, où il a été accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Véronique Barbe, retrouvée sans vie le 14 septembre dans sa résidence de Saint-Eustache.

L'homme de 41 ans n'a jamais regardé la salle d'audience pendant que le juge lui lisait la liste des gens avec qui il ne pouvait plus communiquer, soit des membres de sa famille et des témoins potentiels qui pourraient être appelés à la barre durant son procès.

Pour l'instant, aucune nouvelle accusation n'a été déposée relativement à la mort d'Yvon Lacasse. Le procureur aux poursuites criminelles et pénales a indiqué que l'enquête n'était pas terminée dans ce dossier et qu'il n'y avait pas d'urgence à déposer des accusations, puisque M. Fredette se trouvait déjà en détention.

« Compte tenu du déploiement policier, de toute la preuve de ce dossier-là, évidemment, des expertises dont on attend les résultats, je ne suis pas en mesure de prendre position pour l’instant, a déclaré le procureur Steve Baribeau. Est-ce qu’on sera en mesure de prendre position le 31 octobre? On verra. Ce n’est pas une course, monsieur est détenu. »

Ugo Fredette pourrait également faire face à des accusations en lien avec l'alerte Amber déclenchée à la suite de la mort de Mme Barbe. Un enfant de six ans avait été enlevé dans la foulée de cet événement.

Les deux partis se donnent jusqu’au 31 octobre pour permettre l’étude approfondie du dossier et de la preuve.

« L’ensemble de la preuve qui doit être colligée par les policiers de la Sûreté du Québec devra être transmise [au procureur Steve Baribeau] », a expliqué le porte-parole du Directeur des poursuites pénales et criminelles, Jean-Pascal Boucher, en entrevue à l’émission Isabelle Richer.

« Une analyse minutieuse devra être faite pour s’assurer de faire l’étude approfondie de tous les tenants et aboutissants de cette enquête, pour ultimement décider si oui ou non de nouvelles accusations pourraient être portées. »

Questionné sur l’importance de déposer des accusations sur chaque événement dans « l’affaire Fredette », M. Boucher reconnaît qu’un enlèvement d’enfant n’est pas moins important que le meurtre d’une femme ou d’un homme.

« C’est toujours en lien avec la capacité de faire la preuve à la cour. Selon les deux critères que l’on connaît : la suffisance de preuves et l’opportunité de poursuivre. Alors, est-ce que la preuve est suffisante? Dans le cadre de l’analyse, le procureur doit se poser ces questions-là avec tous les éléments colligés par les enquêteurs, une fois que ces éléments-là lui sont soumis. Il prend la décision de porter des accusations ou non, et que les accusations puissent ensuite être gérables dans un procès. Parce qu’ultimement, c’est un procès qui devrait avoir lieu devant un jury. Ces décisions se prendront dans les prochains jours, les prochaines semaines. »

Yvon Lacasse, 71 ans, dont la route a croisé celle d’Ugo Fredette, a été retrouvé mort mercredi dernier dans un boisé de la municipalité d'Arundel, dans les Laurentides, à la suite d’intenses recherches.

M. Lacasse était le propriétaire du véhicule à bord duquel Ugo Fredette a été arrêté en Ontario. Le véhicule aurait été volé dans une halte routière de Lachute, où il s’est arrêté pendant sa cavale.

Il s'agissait d'une première apparition publique pour Ugo Fredette, dont la cavale a tenu le Québec en haleine pendant de longues heures, il y a une dizaine de jours.

Une longue chasse à l'homme

Ugo Fredette a été arrêté par la police de l’Ontario près de la municipalité de Griffith, le 15 septembre, au lendemain du meurtre de sa conjointe, Véronique Barbe.

Il était visé par une alerte Amber pour l’enlèvement d’un enfant de six ans survenu après le meurtre. L’enfant a été retrouvé sain et sauf.

Ugo Fredette a été longuement hospitalisé au campus Civic de l’hôpital d’Ottawa au début de la semaine dernière, après s’être infligé des blessures dans la cellule où il avait été placé.

Son état de santé l’a empêché de comparaître mercredi dernier au palais de justice de Saint-Jérôme. Il a finalement été transféré à l’hôpital de Saint-Eustache vendredi, avant de prendre le chemin du centre de détention de la municipalité.

Son avocat, Me Pierre Gauthier, a confirmé la semaine dernière que son client, connu pour son travail documentaire portant sur des meurtres et des disparitions non résolus, était apte à comparaître.

L’accusé reviendra en cour le 31 octobre.

Les funérailles de Véronique Barbe ont été célébrées dimanche à Saint-Eustache. Environ 200 personnes ont rendu un dernier hommage à la femme de 41 ans, qui était mère de quatre enfants.

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