Retour

Un 2e bain, une hausse de salaire des médecins et une foire d'empoigne à Québec

La hausse de salaire de 10 % sur trois ans consentie aux médecins par Québec suscite l'indignation de l'opposition à l'Assemblée nationale. Autant le Parti québécois (PQ) que la Coalition avenir Québec (CAQ) s'insurgent contre cette entente conclue entre le Conseil du Trésor et les médecins de famille.

« C'est pathétique, la façon dont négocie [le ministre de la Santé] Gaétan Barrette depuis trois ans et demi », s'est ainsi exclamé le chef de la CAQ François Legault lors d'un point de presse donné mercredi matin, à Québec.

« Pourtant, lorsqu'il était avec la CAQ, il était d'accord avec nous », a poursuivi M. Legault à propos de son ancien candidat vedette. « Ce qu'on doit faire, avec les médecins de famille, c'est d'échanger une nouvelle rémunération contre une prise en charge des patients. Il faut que chaque Québécois ait un médecin de famille ou un groupe de médecine familiale qui est disponible lorsqu'il est malade. »

Le chef caquiste a ainsi mentionné que 65 % du salaire actuel des médecins de famille consiste à payer les praticiens à l'acte, plutôt qu'en fonction du nombre de patients: « Il faut que le médecin de famille ait des avantages financiers à déléguer des actes aux infirmières. »

« Il y en a assez, des médecins de famille », a soutenu M. Legault.

Barrette récolte ce qu'il a semé, dit le PQ

Au PQ, on qualifie cette hausse de « révoltante ».

Pour Diane Lamarre, porte-parole en matière de santé, « tout le mal causé par Gaétan Barrette au personnel, aux patients, aux gens les plus vulnérables... tout cela, on le voit, ne visait qu'à être capable de payer la dette encourue en matière de rémunération des médecins ».

« La vérificatrice générale nous a dit que nous n'avions pas les moyens de payer cela », a ajouté Mme Lamarre lors d'un point de presse.

La députée de Taillon estime ainsi que le ministre de la Santé a « pelleté en avant l'argent qu'il devait aux médecins », et se retrouve aujourd'hui devant des « sommes colossales que les Québécois n'ont pas les moyens de payer ».

Mme Lamarre accuse M. Barrette d'avoir d'abord conclu, pendant qu'il était à la tête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), une entente prévoyant des hausses notables du salaire des médecins, puis, une fois passé en politique, de se retrouver pieds et poings liés par cette même entente et de devoir sabrer dans les services pour verser ce qu'il avait précédemment réclamé à cor et à cri.

Aux yeux de la porte-parole péquiste, les deux principales fédérations de médecins, qui ont négocié en faveur de cette entente salariale, « n'ont pas de mandat social pour prioriser la santé mentale, les soins à domiciles » ou encore l'aide aux plus vulnérables.

Des médecins, mais pas de bains?

Le dévoilement de l'entente avec les omnipraticiens survient alors que le ministre de la Santé a annoncé des sommes de 30 millions de dollars destinés aux résidents en CHSLD qui désireraient obtenir plus d'un bain par semaine.

Pour Jean-François Lisée, le chef du PQ, ce montant ne peut excuser « le demi-million d'heures en soins à domicile » qui ont été sacrifiées au nom des ententes salariales avec les médecins.

Le premier ministre Philippe Couillard voit tout cela d'un autre oeil. Selon lui, la « très bonne nouvelle pour les patients vulnérables » est attribuable à la « disponibilité de l'argent public » et à la « rigueur budgétaire libérale ».

Lors de la période de questions, mercredi à l'Assemblée nationale, M. Lisée a poursuivi sur sa lancée.

Ce deuxième bain « aurait toujours dû exister », a martelé le chef péquiste.

« Le deuxième bain aurait toujours dû exister? », a rétorqué le premier ministre. « Ils ont eu 18 mois pour le faire », a lancé M. Couillard, déclenchant les vives protestations dans les banquettes de l'opposition.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine