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Un absent nommé O'Leary au seul débat conservateur en français

Candidats et militants ont appris un peu avant le débat, mardi, que Kevin O'Leary devrait se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur. L'homme d'affaires anglophone a cependant choisi de le faire seulement après le débat en français, ce qui en a fait sourciller plus d'un à Québec.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Même s'il n'était pas sur place, Kevin O'Leary s'est visiblement intéressé au débat, qu'il dit avoir regardé en entier.

Pendant la soirée, mardi, il a publié quelques messages sur les réseaux sociaux pour commenter les échanges, les qualifiant de trop courts et de peu substantiels.

À Québec, l'absence de l'homme d'affaires a été dénoncée par plusieurs. En conférence de presse après le débat, nombreux sont les candidats à avoir déploré le fait que Kevin O'Leary attende que le débat en français soit chose du passé pour se lancer.

Je pense que ce n'est pas correct de manquer un débat comme ça [...] Ce n'est pas un signe de leadership.

Erin O'Toole, candidat à la direction du Parti conservateur

Ce que notent certains de ses futurs adversaires, c'est que Kevin O'Leary sait depuis longtemps qu'il veut briguer la direction du parti. Mais l'homme d'affaires, connu pour sa participation à la version anglaise de l'émission Dans l'oeil du dragon, ne parle pas français. Il a d'ailleurs minimisé l'importance de la maîtrise de cette langue par le passé.

Le sénateur conservateur Claude Carignan, qui a assisté au débat, a dénoncé la décision de Kevin O'Leary.

Le fait qu'il ait évité de se présenter ici est une insulte aux francophones. Juste ça, je pense que cela le disqualifie pour prendre le poste ou essayer d'avoir le poste. Je pense que c'est un manque de respect.

Claude Carignan, sénateur conservateur

Certains militants curieux d'entendre O'Leary

Anne DeBlois, rencontrée après le débat, note par exemple que certains candidats qui éprouvent d'importantes difficultés à s'exprimer en français ont tout de même participé à l'événement. « En tant que francophone, je me permets de trouver que c'est dommage qu'il n'ait pas pris la peine de venir », dit-elle.

Un autre membre du parti rencontré à Québec, Abdulkadir Abkey, est intéressé à entendre les idées qu'aura à proposer Kevin O'Leary, si celui accepte d'apprendre le français.

S'il est capable de régler cette question-là, je n'ai pas de problème s'il a une bonne qualité de candidature.

Abdulkadir Abkey, militant conservateur

Une fois que l'homme d'affaires sera dans la course, les militants auront d'autres occasions pour entendre ses propositions. Un prochain débat est prévu fin février à Edmonton, en Alberta, mais les échanges ne seront pas exclusivement en français comme à Québec.

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