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Un an après la fusillade de La Loche : la communauté a toujours besoin de soutien

Près d'un an après la fusillade qui a fait quatre morts et sept blessés à La Loche, dans le nord de la Saskatchewan, les leaders de la communauté demandent l'aide de la province pour mettre en place un plan de guérison pour l'école et la communauté.

Un texte d'Anouk Lebel

« Nous nous sentons seuls, nous nous sentons abandonnés », a affirmé le directeur de l'école secondaire de La Loche, Greg Hatch, lundi. Sans vouloir diminuer l’aide apportée au moment de l’incident, il souligne que la communauté a toujours besoin de soutien.

« Tout le monde s’est précipité dans la communauté, dans l’école. Ils ont été avec nous un peu plus d’un mois, puis ils sont partis », explique-t-il. « Il y a eu un certain soutien en place, mais nous avons été laissés à nous-mêmes pour traverser l’année. »

Deux membres du personnel de l'école, l'assistante d’enseignement Marie Janvier, âgée de 21 ans, et l'enseignant Adam Wood, âgé de 35 ans. ont perdu la vie lors de la fusillade survenue le 22 janvier 2016, peu après que les frères Drayden et Dayne Fontaine, âgés de 13 et 17 ans, eurent été tués dans une résidence de la communauté.

M. Hatch affirme que près d'un an plus tard, le processus de guérison est loin d'être terminé, autant pour les élèves que pour les employés.

Nous avons besoin d’un plan. […] C’est difficile pour nous de développer un plan quand on essaie de guérir et que nous sommes traumatisés.

Greg Hatch, directeur de l'école secondaire de La Loche

Le maire de La Loche, Robert St-Pierre, tient à remercier la province, Ottawa et la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan pour toute l'aide reçue en un an, mais il croit lui aussi que la communauté a toujours besoin de soutien. « Nous avons encore une longue route devant nous », a-t-il dit.

Beaucoup de progrès ont été faits, mais notre voyage vers la convalescence vient de commencer.

Robert St-Pierre, maire de La Loche.

« Nous ne pouvons pas tout faire dans la communauté. C’est trop de travail », soutient pour sa part le directeur du centre d’amitié de La Loche, Leonard Montgrand, qui souligne que celle-ci est aux prises avec des problèmes de pauvreté, de chômage et de toxicomanie.

L’ancien directeur de l’École secondaire Colombine sur place

Le personnel de l’école a reçu la visite de l'ancien directeur de l'École secondaire Columbine, Frank DeAngelis, lundi matin. En 1999, l'école située au Colorado a été le théâtre d'une des fusillades les plus mortelles de l'histoire des États-Unis.

M. Hatch affirme qu’il a beaucoup parlé d’espoir, mais qu’il a aussi soutenu avoir reçu beaucoup d’aide de la part des autorités à l’époque. « Nous avons de l’espoir, nous avons besoin d’aide », a-t-il imploré.

Un premier anniversaire à l’abri des regards

La communauté du nord de la Saskatchewan tiendra par ailleurs une cérémonie en privé à l’occasion du premier anniversaire de la fusillade, le 22 janvier.

En octobre, l'adolescent accusé dans ce drame, qui avait 17 ans au moment des faits, a plaidé coupable à deux chefs d'accusation de meurtre prémédité et à deux chefs d'accusation de meurtre non prémédité.

Le procureur de la Couronne, Lloyd Stand, a demandé qu’il soit jugé comme un adulte sur la base de la gravité des actes qui lui sont reprochés. Les comparutions pour jugement à titre d'adulte auront lieu en mai et en juin.

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