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Un avion d'Air Canada frôle la catastrophe à San Francisco

Un avion d'Air Canada a frôlé la catastrophe, vendredi soir, après être venu bien près d'atterrir sur une voie de circulation de l'aéroport de San Francisco où se trouvaient quatre autres avions.

Le vol AC759 d’Air Canada en provenance de Toronto a été autorisé à atterrir sur la piste 28R juste avant minuit, vendredi dernier, selon un communiqué publié par l’Administration fédérale de l’aviation américaine.

« Cependant, le pilote s’est aligné par inadvertance sur la voie de circulation C, qui est parallèle à la piste d’atterrissage, relate le communiqué. Un contrôleur aérien a interrompu l’atterrissage de l’appareil d’Air Canada pour le renvoyer en vol. L’avion a procédé à une nouvelle approche pour finalement se poser sans encombre. »

Dans un enregistrement audio des conversations entre le contrôleur aérien et les pilotes, on entend le pilote d’Air Canada dire au contrôleur aérien qu’il voit d’autres lumières sur la piste d’atterrissage avant de se faire répondre qu’il n’y a aucun autre appareil sur la piste 28R. Lorsque le contrôleur aérien réalise que l’avion se dirige sur la voie de circulation, il ordonne au pilote de reprendre son vol et de procéder à une nouvelle approche de l’aéroport.

Dans l’enregistrement, on entend un pilote de United Airlines dire : « United One, Air Canada vient de voler tout juste au-dessus de nous. »

« Je suis extrêmement surpris et inquiet d’entendre les enregistrements entre la tour de contrôle et les avions de cet aéroport », a déclaré le spécialiste en aviation civile Vincent Charron en entrevue à RDI. « Selon moi, il y a eu un problème de désorientation spatiale grave. Il y a eu une erreur de jugement visuel. »

Un atterrissage nocturne

La FAA soutient que ce type d’incident est très rare et enquête afin de déterminer à quelle distance l’avion d’Air Canada s’est approché des quatre avions sur la voie de circulation.

M. Charron précise que malgré l’atterrissage visuel de nuit, les pilotes auraient dû trouver la piste sans difficulté puisqu’elles sont très bien éclairées. De plus, ils auraient dû bénéficier d’une assistance informatique pour les guider vers la piste choisie.

« L’avion a au moins deux receveurs pour les alignements de piste, précise-t-il. Il s’agit tout simplement de syntoniser la bonne fréquence – dans cette occurrence c’est la piste 28 – et on affiche les instruments comme si on atterrissait dans des conditions nuageuses. C’est tout simplement pour [obtenir] une confirmation visuelle dans le poste de pilotage que nous sommes effectivement alignés avec la bonne piste. »

M. Charron précise que l’aéroport de San Francisco ne présente pas de difficulté particulière pour les pilotes.

Air Canada enquête

Un porte-parole d’Air Canada a indiqué, dans un communiqué, que la société enquêtait également sur cet incident. « Le vol AC759 d’Air Canada en provenance de Toronto se préparait à atterrir à l’aéroport de San Francisco vendredi soir lorsque l’avion a remis les gaz pour reprendre son vol afin de reprendre une nouvelle procédure d’approche », a déclaré Peter Fitzpatrick dans le communiqué.

« L’avion s’est posé normalement sans encombre, poursuit-il. Nous enquêtons toujours sur les circonstances entourant l’incident et nous n’avons donc pas plus d’information à communiquer à ce sujet. »

Dans une entrevue accordée au quotidien San Jose Mercury News, un ancien pilote a déclaré que l’avion d’Air Canada a évité ce qui aurait pu être une « horrible collision ».

« Si les faits relatés sont avérés, ce qui s’est produit est venu bien près de devenir la plus grande catastrophe de l’histoire », a dit le pilote retraité d’United Airlines, le capitaine, Ross Aimer.

« Essayez de vous imaginer un Airbus entrer en collision avec quatre avions de passagers gros-porteurs, plein de carburant et de passagers, vous pouvez alors imaginer à quel point la situation aurait pu devenir catastrophique », a-t-il ajouté.

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