Un grand nombre de pays, de régions et de villes se sont prononcés, dans les dernières années, sur le service UberX. Différentes lois ont été adoptées, des encadrements de toutes sortes.

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

À certains endroits, Uber a quitté le territoire, puisque le cadre proposé ne pouvait fonctionner dans son modèle. C'est le cas notamment en Allemagne. En plusieurs autres endroits, le service UberX s'est adapté à des règles et des lois, comme l'entreprise Uber le souhaitait. C'est ce qui s'est passé à Edmonton et à Ottawa et c'est ce qui est en train de se produire à Toronto ces jours-ci.

Qu'on soit pour ou qu'on soit contre UberX, il est plus que temps que le gouvernement du Québec se branche. L'espèce humaine n'aime pas beaucoup l'incertitude. Et c'est encore plus vrai dans le monde des affaires. Les tergiversations politiques depuis près de deux ans sur ce que fait Uber à Montréal ont créé de la colère, de la frustration, des divisions, des affrontements.

Les chauffeurs de taxi, qui avaient déjà du mal à joindre les deux bouts avant l'arrivée d'Uber, n'en peuvent plus. Et les chauffeurs qui utilisent UberX en ont ras le bol de se faire saisir leur véhicule.

Ce qu'on comprend, c'est que le Québec a fait son lit finalement sur le service UberX et un projet de loi sera déposé la semaine prochaine. Mon estimé collègue Sébastien Bovet a appris qu'un cadre précis sera déployé : les chauffeurs d'UberX devront louer ou acheter des permis existants et les chauffeurs de taxi pourront modifier leurs prix en fonction de la demande. La loi sera modifiée, améliorée, respectée. Enfin!

De toute évidence, il semble bien qu'Uber Québec n'aime pas trop le nouvel encadrement proposé par le gouvernement et menace de quitter le Québec. On verra bien. Mais, une chose est sûre, le gouvernement ne peut pas faire ses lois en fonction des attentes de chaque intérêt corporatif. C'est l'intérêt public qui doit prédominer dans toutes les décisions. On l'espère toujours en tous cas. Et si cet intérêt public ne cadre pas avec les attentes d'Uber Québec, bien, tant pis!

Mais, en même temps, la présence d'Uber Québec depuis deux ans a poussé le monde du taxi à changer profondément ses façons de faire. L'arrivée de Téo Taxi, qui a choisi la voie de la légalité pour développer son service, et les nouvelles règles qui s'installent dans le monde du taxi à Montréal améliorent ce service pour le bien des utilisateurs. Elle est là la bonne nouvelle!

Uber Québec a choisi de confronter l'industrie, d'affronter le gouvernement, de rentrer « dans le tas » avec les milliards de Google et de Goldman Sachs. Et aujourd'hui, l'entreprise, qui a poussé l'État à bouger, n'aime pas le résultat. Était-ce bien avisé d'agir ainsi? Est-ce un modèle à suivre pour d'autres entreprises qui veulent réussir?

Ce qui est important, c'est que l'État lève l'incertitude. Qu'on aime ça ou non, le cadre est clair, et c'est tant mieux.

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