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Un Canadien meurt dans un attentat de l'État islamique à Jakarta

Deux personnes, dont un Canadien, ont été tuées et 19 autres, blessées, jeudi dans l'attaque terroriste menée par un commando d'hommes armés au coeur de Jakarta, affirme le gouvernement indonésien. Selon la police, qui compte aussi cinq blessés dans ses rangs, cinq assaillants sont morts, et deux autres ont été arrêtés.

Le groupe armé État islamique (EI) a revendiqué l'attentat, le premier qu'il commet dans le pays musulman le plus populeux du monde.

Selon le gouvernement indonésien, l'attaque a été lancée vers 10 h 50, heure locale, par l'explosion d'un kamikaze dans un café de l'avenue Jalan MH Thamrin, une artère qui parcourt un quartier de la capitale qui abrite un centre d'affaires et des bureaux de plusieurs agences des Nations unies et des ambassades.

Deux autres explosions ont eu lieu dans le secteur avant que les forces de sécurité n'arrivent sur place et n'échangent des coups de feu avec les assaillants. Le gouvernement affirme que les policiers ont réussi à maîtriser la situation en une trentaine de minutes. 

Selon des témoins, l'attaque s'est essentiellement déroulée près du centre commercial Sarinah, le plus ancien de Jakarta, et dans un café Starbucks. La chaîne américaine a d'ailleurs annoncé la fermeture de toutes ses installations de la capitale « jusqu'à nouvel ordre ».

La nature des explosions survenues après l'explosion d'un premier kamikaze reste nébuleuse. On ne sait avec certitude s'il s'agit de kamikazes qui se sont fait exploser ou de grenades qu'ils auraient pu utiliser. La police dit avoir abattu deux assaillants.

Un photographe de Reuters a vu trois corps allongés au sol devant le Starbucks, qui aurait été détruit par une explosion. Selon les médias locaux, le poste de police situé devant le centre commercial Sarinah a aussi été détruit. « Un policier a été abattu sous mes yeux », a déclaré un témoin à la télévision.

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L'empreinte de l'État islamique

L'EI n'a pas tardé à revendiquer l'attentat. « Un groupe de soldats du califat a ciblé un rassemblement de l'alliance des croisés qui combat l'État islamique à Jakarta, en plaçant plusieurs engins qui ont explosé pendant que quatre soldats attaquaient avec des armes légères et des ceintures d'explosifs », indique une déclaration du groupe. 

L'État islamique « est clairement derrière cette attaque », avait d'ores et déjà affirmé le chef de la police de Jakarta. Selon lui, l'homme responsable de l'opération est un militant indonésien nommé Bahrun Naim. 

L'Indonésie a été le théâtre de multiples attaques imputées à des groupes islamistes au cours des dernières années, la plus meurtrière étant celle perpétrée dans une discothèque de Bali en 2002. Plus de 200 personnes, des touristes pour la plupart, y ont perdu la vie.

Les derniers attentats de grande ampleur dans la capitale indonésienne remontent à 2009. Des bombes avaient alors visé les hôtels JW Marriott et Ritz Carlton.

Une attaque menée par un commando d'hommes armés est cependant sans précédent dans le pays.

Le pays est  en état d'alerte depuis plusieurs semaines, de crainte que des djihadistes ne passent à l'acte. L'unité antiterroriste de la police de Jakarta a récemment arrêté 20 personnes soupçonnées d'être liées à l'EI, et une chasse à l'homme est en cours pour retrouver un leader du groupe dans le pays, un dénommé Santoso. Ce dernier avait menacé de lancer des attaques à Jakarta.

Selon des estimations du cabinet de consultants Soufan Group, entre 500 et 700 Indonésiens qui ont rejoint les rangs de l'EI vivent dans l'archipel.

Une attaque coordonnée en Syrie

L'instigateur présumé de l'attentat, Bahrun Naim, est un gérant de café qui se serait radicalisé lors d'un séjour en prison. Arrêté pour possession d'armes en 2011 et condamné à trois ans de prison, il a profité de cette période pour mettre sur pied un réseau de combattants djihadistes dans l'île de java, la plus grande île d'Indonésie.

Bahrun Naim aurait gagné la Syrie l'an dernier et il opérerait depuis la ville de Rakka, capitale officieuse de l'EI. C'est de là qu'il aurait coordonné l'attaque en Indonésie que l'EI voit comme la tête de pont asiatique de son califat.

Le terroriste avait déclaré à Reuters - en novembre dernier, au cours d'un échange sur la messagerie Telegram - qu'il y avait assez de sympathisants de l'EI en Indonésie pour y perpétrer des attaques.

« Je me déplace, je vais où notre émir me demande d'aller », avait-il déclaré en vantant la qualité de vie en Syrie. « On est bien ici en Syrie. Il y a l'électricité, des logements, de l'eau et c'est gratuit. Les services qu'ils fournissent sont bons et moins chers qu'en Indonésie. »

Des spécialistes du renseignement indonésien ont commencé à intercepter des échanges laissant présager la préparation d'une attaque en Indonésie vers la fin de 2015. « Les discussions entre islamistes se sont intensifiées le mois dernier et, pour la première fois, des attaques simultanées ont été évoquées », a dit un expert de la surveillance des groupes de discussions fréquentés par les djihadistes.

L'EI compterait au moins un millier de sympathisants à travers le pays, selon le renseignement indonésien. Les écoutes téléphoniques ont mené à une dizaine d'arrestations et à la découverte de matériel servant à la fabrication de bombes, de ceintures d'explosif et de « manuel du djihad ».

Parmi les individus arrêtés, certains auraient été financés par Bahrun Naim qui ambitionnerait de prendre la tête de l'EI en Asie du Sud-Est.

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