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Un Canadien parmi les victimes de l'attentat de Barcelone

Un Canadien a perdu la vie et quatre autres ont été blessés lors de l'attentat qui a fait 13 morts, jeudi, à Barcelone, quand une fourgonnette a foncé dans la foule sur la très touristique avenue La Rambla.

La police de Vancouver a indiqué dans un communiqué que la victime canadienne était Ian Moore Wilson, le père de la sergente Fiona Wilson.

« Il était compatissant, généreux, aventureux, et toujours partant pour un débat animé, pour un bon livre, pour visiter de nouveaux endroits, ou pour boire une pinte », a souligné la policière.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre Justin Trudeau a exprimé sa tristesse et a offert ses condoléances aux proches du Canadien décédé et à toutes les familles touchées.

« Nous devons rester inébranlables face à la propagation de la haine et de l'intolérance sous toutes leurs formes, a déclaré M. Trudeau. Ces actes violents qui visent à nous diviser ne feront que renforcer notre détermination. »

Une minute de silence a été observée sur la place principale de Barcelone vendredi à midi, heure locale, pour rendre hommage aux victimes de l'attaque au véhicule-bélier.

Pendant que l'enquête suit son cours, la vie semblait reprendre sur La Rambla, après les événements de la veille.

En entrevue sur les ondes de RDI, le journaliste Henry de Laguérie a indiqué que l'endroit avait été rouvert à la circulation. « Petit à petit, on tente de reprendre une vie normale », a-t-il déclaré. « On est abasourdis, on est sous le choc, mais il y a aussi cette volonté d'aller de l'avant ».

« Il y a par ailleurs ce sentiment d'impuissance, poursuit-il, puisque beaucoup de grandes villes d'Europe ont été frappées par des attentats. On savait que Barcelone pouvait être frappée, même si on n'est jamais préparés à vivre quelque chose comme cela. »

Selon Alfred Bosch, président de l'opposition de la gauche républicaine indépendantiste au conseil municipal de Barcelone, la population de la ville fait bloc dans sa volonté de s'opposer au terrorisme et de ne pas céder à la peur.

« J'habite à 50 mètres de là... Pour moi, voir cela dans ma ville... Mais les gens sont déterminés; après la minute de silence, les milliers de personnes rassemblées pour l'occasion ont spontanément défilé dans la ville. J'y entendais des déclarations telles que "nous ne serons pas vaincus", ou "nous n'avons pas peur". »

Aux yeux de M. Bosch, les habitants veulent récupérer « la joie, la couleur, la vie ».

Le politicien lance également un appel sans équivoque : pour relancer Barcelone, pour faire en sorte que la vie reprenne son cours normal, il est essentiel que les touristes ne désertent pas la ville.

« Je vous en prie, venez! Nous voulons que la vie triomphe. »

Les autorités critiquées

Des critiques envers les autorités se font néanmoins aussi entendre. Plusieurs résidents s'interrogent sur l'absence de barrières physiques sur La Rambla pour empêcher un véhicule de foncer sur la foule, alors que des attaques similaires ont eu lieu ailleurs en Europe, notamment à Nice, l'an dernier.

« C'était pratiquement sûr que cela allait arriver ici, surtout après ce qui s'est passé à Nice », a commenté Gabriel Rabarte, agent de sécurité dans un centre commercial situé près du lieu de la tragédie. « Ils auraient dû mettre des [bornes de sécurité] ou quelque chose du genre. »

« Nous avons toujours dit que La Rambla était une cible facile », croit Jose Moya, fleuriste depuis 30 ans sur cette artère touristique. « Je ne dis pas que c'est la faute de la police, mais [...] il aurait pu y avoir des camions de la police bloquant l'entrée. Cela aurait sauvé des vies. »

La mairesse de Barcelone, Ada Colau, a toutefois tenté de mettre les choses en perspective dans une entrevue accordée à la télévision catalane.

Le ministre catalan de l'Intérieur a aussi abondé en ce sens. « Je comprends les critiques, mais cela n'est pas réalisable. On ne peut pas couvrir Barcelone de bornes en béton », a-t-il commenté.

Voir la mort de près

En vacances à Barcelone, la famille Gray, originaire de Mississauga, en Ontario, s'est retrouvée bien malgré elle au coeur des événements.

« Tout s'est déroulé très vite », explique Delniss Gray en entrevue sur les ondes de CBC. « Les gens autour de nous étaient terrorisés, et nous avons réalisé qu'il se passait quelque chose de terrible à l'extérieur. »

La famille, qui venait à peine de s'attabler à un restaurant situé sur La Rambla, a finalement pris la fuite et tenté de trouver refuge dans un hôtel.

« Les gens couraient en hurlant, c'était terrible », a renchéri le père de famille, Allan.

« Tout cela est d'une tristesse absolue », mentionne de son côté Charles Mordret, un Québécois qui se trouvait à proximité de l'endroit de l'attentat au moment des faits.

« Les gens veulent continuer à vivre [...], il ne faut pas se laisser abattre », a-t-il déclaré sur les ondes de RDI. « C'est pour ça que je suis retourné à cet endroit, on a besoin de montrer de la solidarité. C'est une question d'humanité. »

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