Retour

Un caporal de la GRC se vide le coeur après le témoignage du commissaire Bob Paulson

Un caporal de la GRC posté à Miramichi, Patrick Bouchard, est outré du témoignage du commissaire Bob Paulson, la semaine dernière, lors du procès de la GRC concernant la fusillade de Moncton.

Le grand patron de la GRC, Bob Paulson, a surpris tout le monde en venant témoigner pour la défense la semaine dernière.

La GRC fait face à des accusations en lien avec le Code canadien du travail à la suite de la fusillade de Moncton, en juin 2014, lors de laquelle trois policiers ont perdu la vie et deux autres ont été blessés.

Au cours du procès, plus d'une douzaine de membres de la GRC ont approché une journaliste de CBC pour exprimer leurs frustrations concernant les qualités de commandement de Bob Paulson.

Tous voulaient rester anonymes de peur des conséquences, mais le caporal Patrick Bouchard ose briser le silence à visage découvert.

Le caporal Patrick Bouchard ne mâche pas ses mots. Il dit avoir honte de porter son uniforme de la GRC à la suite du témoignage surprise du commissaire.

Bob Paulson a essentiellement réfuté toutes les accusations qui pèsent sur la GRC lors de son témoignage.

Plusieurs policiers sur le terrain le soir de la fusillade ont déclaré à la barre des témoins que des carabines et plus de formation pour faire face au tireur Justin Bourque auraient modifié le cours des événements, le 4 juin 2014.

Mais Bob Paulson s'est dit d'avis que ces éléments n'auraient pas éliminé les risques pour les policiers le soir de la fusillade.

« Une claque dans la face »

Le caporal Patrick Bouchard ne digère pas les paroles de son patron devant le tribunal : « Puis M. Paulson d'arriver et de dire non, ça n'aurait fait aucune différence, c'était comme dire que ces gars-là mentaient. C'est une claque dans la face! ».

Patrick Bouchard est intervenu à Moncton, lors de la fusillade. Il dit conserver des séquelles de la tragédie. Il parle d'une trahison : « J'en étais quasiment malade. J'en étais quasiment physiquement malade, j'avais des hauts le coeur. C'était absolument horrible de lire que ces énoncés là ont été faits en cour contre ces membres. Je n'en revenais pas! ».

Bob Paulson est l'ultime responsable de la morts des agents, selon Patrick Bouchard : « Il aurait dû équiper et former ses agents. Ça, ça vient d'en haut. Ça vient de lui, c'était sa responsabilité d'agir et il ne l'a pas fait ».

Le caporal Patrick Bouchard a écrit une lettre personnelle à Bob Paulson pour lui faire part de ses sentiments.

Il dit avoir reçu de l'appui de ses collègues. Il se demande maintenant s'il y aura des représailles de la part de ses patrons.

L’Association canadienne professionnelle de la police montée appuie Patrick Bouchard

Louis-Philippe Thériault, président de l’Association canadienne professionnelle de la police montée et membre du détachement Codiac de la GRC à Moncton, félicite Patrick Bouchard pour sa sortie publique.

M. Thériault explique que de nombreux agents ressentent un manque de respect de la part de l’État major du corps policier.

« Ils se sentent trahis. On voit toutes les tragédies qui ont eu lieu, spécialement avec la GRC dans les dernières années, et ç’a pris beaucoup de temps avant d’avoir de l’entraînement approprié, de l’équipement approprié, ou même juste admettre la responsabilité des gens. On a vu ça ici dans le procès du Code du travail contre la GRC à Moncton. Il n’y a aucune responsabilité qui est admise et on essaie de rejeter ça sur la peur d’affecter l’opinion publique ou le manque de budget quand on s’est rendu compte durant ce procès-là que ç’a été des décisions qui ont été prises ou qui n’ont pas été prises, et cela pour les mauvaises raisons », lance Louis-Philippe Thériault.

Avec des informations de Michèle Brideau et de Gabrielle Fahmy, CBC

Plus d'articles

Commentaires