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Un cessez-le-feu décrété dans le sud-ouest de la Syrie après la rencontre Trump-Poutine

Washington et Moscou ont conclu un accord de cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, entente qui a couronné la première rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, vendredi.

Plutôt que les 30 minutes prévues initialement, ce sont finalement deux heures et quart qu'ont pris les deux hommes pour leur première rencontre de travail à Hambourg, en marge du Sommet du G20.

« Aujourd'hui, dans la capitale jordanienne, Amman, des experts russes, américains et jordaniens [...] se sont mis d'accord sur un mémorandum sur la création d'une zone de désescalade » dans les régions de Deraa, Qouneitra et Soueida, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après la rencontre.

Le chef de la diplomatie russe et son homologue américain, Rex Tillerson, assistaient tous deux à la rencontre entre MM. Trump et Poutine, en compagnie de deux interprètes.

Au terme des discussions, Rex Tillerson a déclaré que les modalités du cessez-le-feu devaient encore être finalisées. Il a présenté l'accord comme un premier signe indiquant que « les États-Unis et la Russie sont capables de travailler ensemble en Syrie ».

De son côté, Sergueï Lavrov a mentionné que la police militaire russe allait en surveiller le déroulement à partir d'un centre établi en Jordanie.

Le cessez-le-feu prendra effet dimanche midi – heure de Damas – selon des responsables américains et le gouvernement jordanien, lequel est aussi impliqué dans cet accord.

Cette nouvelle prometteuse pour la Syrie a été accueillie avec prudence par le secrétaire à la Défense britannique, Michael Fallon, qui souhaite voir des résultats « sur le terrain ». Dans cette guerre civile en cours depuis six ans, nombre de cessez-le-feu n'ont pas été respectés, a-t-il dit en substance alors qu'il se trouvait à Washington.

Une « alchimie positive » entre Trump et Poutine

Il n'en reste pas moins que la rencontre tant attendue entre chefs d'État russe et américain semble s'être déroulée sous de bons augures. Rex Tillerson a même parlé d'« une alchimie positive » entre les chefs de ces deux superpuissances nucléaires.

Il s'agissait de leur toute première rencontre. « C'est un honneur d'être avec vous », a déclaré d'entrée de jeu Donald Trump. « Je suis ravi de vous rencontrer », a répliqué Vladimir Poutine.

« Il y avait tant à discuter qu'aucun des deux ne voulait arrêter », a affirmé Rex Tillerson. Ce dernier a précisé qu'à un moment donné, l'épouse de Donald Trump, Melania, s'est vu confier par des conseillers la tâche de les convaincre de clore leurs discussions, qui se sont néanmoins prolongées d'une heure. « Manifestement, elle a échoué », a commenté Rex Tillerson, amusé.

Deux têtes fortes

Donald Trump ne possède guère d'expérience sur la scène politique internationale, ce qui est tout à l'opposé de Vladimir Poutine, dont le premier mandat à la présidence avait débuté en mars 2000, et qui envisage de se représenter l'an prochain.

Chacun veut redonner à son pays sa grandeur passée. L'un est un magnat de l'immobilier et une ex-vedette de la téléréalité; l'autre s'est forgé à la dure discipline du KGB. Aussi, de nombreuses questions se posaient quant à la manière dont les deux hommes parviendraient à tisser des liens – d'autant plus que les sujets de friction entre les deux puissances ne manquent pas, à commencer par la présumée ingérence russe dans la campagne électorale américaine, en 2016.

Un désaccord « insurmontable »... pour le moment

Sur ce sujet, Rex Tillerson a qualifié de « vigoureux » les échanges entre les présidents. Niant toutes interférences, Vladimir Poutine a réclamé des preuves.

Aux yeux du secrétaire d'État américain, il s'agit d'un désaccord « insurmontable » à ce point-ci. Mais, reconnaissant que ce problème constitue une entrave dans leurs relations bilatérales, les deux chefs d'État s'entendent pour poursuivre cette discussion, a-t-il dit.

Sergueï Lavrov a quant à lui fourni un compte-rendu différent : le président Trump, selon lui, « a entendu et accepté les déclarations claires du président Poutine relativement au fait que [ces interférences] étaient fausses et que les dirigeants russes n'avaient pas interféré dans l'élection ».

Les attentes étaient grandes

Le président Trump était sous le coup de pression de la part de législateurs américains, tant républicains que démocrates, qui tenaient à ce qu'il aborde ce sujet avec son homologue russe. Plus tôt cette semaine, Donald Trump avait concédé que la Russie avait peut-être joué un rôle pour faire pencher l'élection en sa faveur. Du même souffle, il avait ajouté que d'autres pays avaient aussi pu agir de la sorte.

Avant que la rencontre de travail ne débute, vendredi, les présidents avaient brièvement parlé aux journalistes. Ces derniers n'ont pas manqué de demander à Donald Trump s'il allait discuter de la possible ingérence russe avec M. Poutine.

Le président américain n'a pas répondu aux reporters et, se penchant en direction du président russe, il a dit quelque chose qui a fait rire M. Poutine.

D'autres sujets ont été débattus durant cette rencontre, tels que la lutte contre le terrorisme et les cyberattaques. Dans le but de résoudre la crise en Ukraine, les parties comptent poursuivre les discussions. Quant à la Corée du Nord, Washington continuera à presser Moscou de multiplier ses efforts auprès de Pyongyang

« Les Russes voient la situation un peu différemment de nous, alors nous allons leur demander de faire plus », a expliqué Rex Tillerson, rappelant que Moscou entretenait des relations commerciales avec la Corée du Nord.

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