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Un cinéaste québécois au coeur du combat catalan pour l'indépendance

La Catalogne est plongée depuis quelques années dans un débat constitutionnel et identitaire. Manifestations, référendum et partis déchirés, les Catalans traversent une période trouble qui trouve une certaine résonance au Québec.

Un texte de Félix-Antoine Viens

À l'été 2010, le Tribunal constitutionnel espagnol a annulé une série d'articles sur le statut autonome de la Catalogne, mettant le feu aux poudres et redonnant un élan au mouvement sécessionniste.

Cette renaissance a culminé en novembre 2014 lors de la tenue d'un référendum, qui n'a pas été reconnu par le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy.

Le cinéaste et peintre québécois Alexandre Chartrand est un témoin privilégié de cette période mouvementée en Catalogne, la région la plus peuplée et la plus riche d'Espagne.

« J'appris le catalan en 2008 pour un autre projet et j'ai ensuite continué de suivre les sites d'information là-bas pour conserver la langue, explique le réalisateur franco-ontarien, installé à Montréal depuis 20 ans. C'est là que j'ai vu la montée des indépendantistes, de 15 % à 55 % en quelques années, frôlant même 60 % en 2014 lors du référendum [non reconnu par l'Espagne et jugé illégal]. »

En 2014 et 2015, le réalisateur s'est rendu à trois reprises à Barcelone pour documenter cet important soulèvement citoyen. Il a suivi deux membres à cette époque de l'Assemblea Nacional Catalana (ANC), une organisation indépendantiste qui a mis sur pied plusieurs manifestations gigantesques à Barcelone, dont celle du 11 septembre 2014, où près de 2 millions de personnes ont marché les boulevards Diagonale et Gran Via, formant ainsi un immense « V » long de 11 kilomètres, pour symboliser « voter » et « victoire ».

Le cinéaste de 39 ans en a tiré le documentaire Le peuple interdit, qu'il a pu financer grâce à une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec et à une campagne de sociofinancement. Le film sera présenté en première vendredi au Festival du nouveau cinéma à Montréal.

La Catalogne, comme le Québec et l'Écosse?

Si le mouvement indépendantiste catalan souhaite la tenue prochaine d'un référendum, à l'image du Québec en 1995 et de l'Écosse en 2014, il se distingue par ses origines.

Alexandre Chartrand planche déjà sur une suite, qu'il consacrera justement à ce référendum, qui devrait se tenir au plus tard en septembre 2017, bien qu'il fasse toujours l'objet de vifs débats entre le gouvernement catalan et le gouvernement espagnol.

« J'ai accès aux gens de ce mouvement, c'est sûr que je veux m'en servir pour documenter les coulisses du référendum. »

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