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Un citoyen fait appel à la justice pour rouvrir la caserne à Rosemère

Un résident de Rosemère, dans les Laurentides, a déposé une demande d'injonction en Cour supérieure pour réclamer la réouverture de la caserne de pompiers fermée depuis le 8 mars.

Un texte d'Olivier Bachand

Normand Painchaud estime que la Ville de Rosemère a mis ses citoyens en danger en ayant démantelé son service des incendies pour confier la couverture de son territoire aux pompiers de Blainville.

Normand Painchaud demeure à Rosemère depuis 1977. Il habite à 300 mètres de la caserne de pompiers qui a fermé ses portes il y a deux semaines.

« Il y a déjà eu un feu de voiture chez mon voisin et les pompiers sont arrivés dans la minute qui a suivi, raconte-t-il. On imagine la même situation maintenant... Ça prendrait quatre, cinq ou six minutes. Ça fait toute la différence. »

C'est pourquoi il a décidé de déposer une demande d'injonction afin d'obliger la Ville de Rosemère à rouvrir sa caserne et réembaucher la quarantaine de pompiers qu'elle a congédiés.

Selon Normand Painchaud, l'entente conclue avec la Ville de Blainville, qui assure maintenant la couverture du territoire de Rosemère en cas d'incendie, va allonger les délais d'intervention des pompiers.

La Ville de Rosemère, qui a décidé de démanteler son service des incendies pour des raisons financières, affirme au contraire que la sécurité des citoyens n'est pas menacée.

Délais d'intervention plus élevés?

Puisque les casernes de Blainville sont plus éloignées, les délais d'intervention pourraient augmenter de 14 minutes dans certains cas, peut-on lire dans la requête.

Normand Painchaud déplore également que les pompiers de Blainville ne soient pas formés et équipés pour intervenir sur l'eau, comme l'étaient ceux de Rosemère.

Si une personne était en train de se noyer dans la rivière des Mille-Îles, aux abords de Rosemère, par exemple, ce sont les pompiers de Laval, au sud du cours d'eau, qui seraient appelés à intervenir.

« Les temps d'intervention pourraient être substantiellement plus longs, estime Normand Painchaud. Quand on parle d'un accident de bateau ou d'une éventuelle noyade, les minutes, les secondes comptent. »

Selon la demande d'injonction qu'il a déposée, la Cour doit intervenir « afin d'empêcher la Ville de Rosemère de mettre en danger ses citoyens avec cette décision boiteuse, précipitée et qui comporte des risques indéniables », pour la sécurité des citoyens.

Outre la réouverture de la caserne de Rosemère, il demande que les équipements qui appartenaient au service des incendies ne soient pas mis en vente.

La Ville de Rosemère n'a pas souhaité réagir au dépôt de la demande d'injonction avant de savoir si elle sera accordée ou refusée.

Le juge rendra sa décision jeudi matin à 8 h 45, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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