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« Un constat accablant », dit le ministre Lessard du rapport sur l'A-13

Le ministre des Transports du Québec promet de tirer des « leçons précises et concrètes » du cafouillage survenu le 14 mars sur l'A-13, où des centaines d'automobilistes étaient demeurés coincés la nuit durant, en pleine tempête de neige. « Ce rapport dresse un constat accablant », dit Laurent Lessard de l'analyse faite par Florent Gagné sur cette « crise ».

Rendu public vendredi, le rapport de Florent Gagné amène le ministère des Transports à reconnaître « ses responsabilités dans la succession d’événements que nous connaissons », a déclaré Laurent Lessard par voie de communiqué.

« D'ailleurs, dans les heures suivant la crise, des changements internes avaient lieu, a-t-il précisé, ajoutant qu'il entend « mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour améliorer la capacité d'intervention du Ministère en situation d'urgence afin qu'une telle situation ne se reproduise plus ».

Son homologue au ministère de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'engage de son côté à analyser « attentivement les constats et les recommandations du rapport de M. Florent Gagné ».

Martin Coiteux rappelle que la Sûreté du Québec (SQ) n'avait pas tardé à reconnaître des « irrégularités » dans les premières heures des événements survenus dans la nuit du 14 au 15 mars.

La SQ entend analyser de manière « rigoureuse » le rapport de M. Gagné, « afin de voir si des éléments qui y seraient identifiés pourraient avoir une incidence sur l'enquête administrative en cours ». La SQ n'exclut pas de prendre des mesures disciplinaires à la conclusion de l'enquête administrative qu'elle mène actuellement sur l'épisode de l'A-13.

Le PQ veut une commission parlementaire

En entrevue sur ICI Radio-Canada Première le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, rappelle que le soir de la tempête, le ministre des Transports « est allé se coucher » alors qu'il savait « qu'il y avait un problème ».

Pour M. Therrien, l'absence de gestionnaires en poste ce soir-là - une faille relevée par le rapport Gagné - est imputable au fait que le ministre responsable n'avait pas « au minimum » ordonné la mise en oeuvre d'« un réseau de commandement clair, précis et rapide ». C'est ce réseau qui aurait pu informer le ministre de la situation, d'heure en heure, souligne Alain Therrien.

D'autant plus que la tempête n'était pas une surprise, poursuit en substance le député péquiste, la commission scolaire de l'Estrie ayant même prévu la fermeture de ses écoles en prévision des intempéries.

Le Parti québécois réclame l'instauration d'une commission parlementaire pour pouvoir questionner l'auteur du rapport, Florent Gagné et les ministres en cause, MM. Lessard et Coiteux.

Car le rapport d'enquête de Florent Gagné n'est pas crédible aux yeux du PQ, du fait que le premier ministre Philippe Couillard avait d'entrée de jeu disculpé ses ministres de toutes fautes dans cette affaire, de dire Alain Therrien. « Philippe Couillard a dit : ''Mes ministres ne sont pas coupables'' », affirme Alain Therrien, qui ne s'étonne pas que le rapport Gagné ne blâme pas, lui non plus, les ministres.

De l'avis d'Alain Therrien, une enquête interne n'aurait pas produit plus de résultats et n'aurait pas coûté 106 000 $, comme ce fut le cas pour l'enquête externe de Florent Gagné.

La Ville de Montréal, débordée...

Florent Gagné note dans son rapport que, dans la nuit du 14 au 15 mars, la Ville de Montréal était « débordée », notamment parce que de nombreux autobus du Service de transport de Montréal (STM) s'étaient enlisés dans la neige. Il note aussi le fait que la structure de la sécurité civile de Montréal a été enclenchée, pour ensuite être démobilisée au début de la nuit.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, n'a pas voulu élaborer sur les recommandations du rapport vendredi, se contentant de lancer une boutade : « Donnez-moi l'Autoroute [13], je vais m'en occuper ».

Des munitions pour une demande en action collective

Les constats du rapport font réagir Marc-Antoine Cloutier, l'avocat qui pilote la demande d'action collective déposée au nom de centaines d'automobilistes et d'utilisateurs du transport en commun, en lien avec les événements sur l'A-13. « Ça confirme notre prétention que ces gens-là ont été abandonnés à leur propre sort, sans nourriture et sans eau », affirme-t-il.

Le Syndicat de la fonction publique à la fois satisfait et déçu

« Tant du côté du MTQ que de celui de la SQ, il n'y a pas eu de prise en main par les gestionnaires d'un problème qui dépassait de beaucoup les capacités et les niveaux d'autorité des personnes directement sur le terrain », est-il écrit dans le rapport.

Une affirmation qui satisfait le Syndicat de la fonction publique et parapublique (SFPQ) qui réaffirme qu'à son avis, ses membres avaient fait ce qui était en leur pouvoir pour prêter assistance aux citoyens.

Par contre, le SFPQ déplore que le rapport ne cible pas « la cause directe du problème c'est-à-dire le déneigement déficient du sous-traitant ». Certes, le rapport recommande de revoir les devis avec les sous-traitants en matière de déneigement, mais le syndicat aurait souhaité que Florent Gagné remette en cause l'entretien hivernal des routes qui est confié, en majorité, à des entreprises privées.

Au lendemain de la tempête, à la mi-mars, le ministre des Transports avait déclaré que « De toute évidence, il [l'entrepreneur] n'a pas répondu à la demande de fournir le nombre de camions nécessaire ». Laurent Lessard faisait référence à l'entreprise de déneigement qui devait dégager le tronçon de l'autoroute 13 sur lequel des centaines d'automobilistes ont été retenus toute la nuit.

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