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Un coup de barre est nécessaire pour faire de l'Accord de Paris un succès

Un an après l'entrée en vigueur de l'accord sur le climat de Paris, l'ONU constate que les cibles de réduction d'émissions de gaz à effet de serre des pays signataires sont beaucoup trop timides pour permettre de maintenir le réchauffement de la planète sous les 2 °C visés pour la fin du siècle.

En effet, en maintenant les cibles de réduction fixées à Paris, les pays signataires dépasseront de 30 % l'objectif d’émissions de gaz à effet de serre (GES) fixé pour 2030. Ces émissions atteindront cette année-là de 53 à 55,5 milliards de tonnes d’équivalents CO2, alors que l'objectif de l'Accord de Paris pour 2030 est de 42 milliards de tonnes.

« À défaut d'une ambition revue à la hausse, l'augmentation probable des températures moyennes [NDLR, par rapport aux niveaux préindustriels] sera comprise entre 3 °C et 3,2 °C d'ici la fin du siècle », avance l'agence ONU-Environnement dans son rapport annuel.

« Les engagements actuels des États couvrent à peine un tiers des réductions d'émissions nécessaires, creusant un écart dangereux » annonciateur de grands dérèglements (canicules, inondations, super-ouragans...) », souligne le directeur du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), Erik Solheim, qui publie son rapport annuel sur l'action climatique mondiale intitulé Gouvernements, secteur privé, société civile doivent combler cet écart catastrophique.

« L'Accord de Paris a relancé l'action climatique, mais cette dynamique clairement s'essouffle », déplore le ministre costaricain Edgar Gutierrez Espeleta qui occupe le poste de président de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement pour l’année 2017.

Cap sur la COP23 à Bonn

L’Accord de Paris prévoyait une révision des engagements nationaux en 2020, un rendez-vous qui constituera « la dernière occasion » de trouver la bonne trajectoire pour 2030.

Sans ce changement de cap, « il est extrêmement improbable » que l’augmentation moyenne de la température de la planète demeure sous les 2 °C et a fortiori 1,5 °C par rapport à la période de la Révolution industrielle, selon le bilan de l’ONU-Environnement.

Le rapport annuel l’ONU-Environnement est ainsi publié avant l'ouverture lundi à Bonn de la 23e conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Les ministres de l'Environnement des États membres y discuteront des prochaines étapes de l'Accord de Paris.

« Les dirigeants doivent s'élever à Bonn et utiliser l'accord [de Paris] pour prendre des mesures fortes et demander des comptes aux autres s'ils ne respectent pas leurs engagements », a déclaré la directrice de Greenpeace International, Jennifer Morgan. « Nous pouvons limiter [le réchauffement] à 1,5 °C si nous coopérons », soutient-elle.

L'enjeu du charbon

Les émissions de CO2 » issues des énergies fossiles se sont stabilisées depuis 2014, notamment en raison de la diminution du recours au charbon de la Chine. La fermeture progressive des centrales au charbon s'impose, ajoute le PNUE, qui en recense encore 6683, alors que plusieurs autres sont en construction ou en projet.

Il faudrait toutefois réduire davantage les émissions, puisque la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée. Les émissions de méthane, un gaz qui a un effet encore pire sur le réchauffement de la planète, ne cessent de croître.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre passe par la rénovation des bâtiments, le reboisement, les énergies renouvelables, les transports économies, estime le PNUE. L’organisme convient toutefois que de nombreuses incertitudes demeurent quant aux avancées technologiques et quant à la capacité et à la volonté des États à y mettre les efforts nécessaires.

Le spectre de Trump

Même insuffisant, l’Accord de Paris a été remis en question par le président américain Donald Trump qui a menacé de quitter le protocole d’ici 2020 s’il n’obtient pas des aménagements plus favorables pour son pays.

Le chef de l’ONU-Environnement demeure toutefois optimiste en estimant que le président Trump serait incapable de freiner l’élan qui s’élève contre le changement climatique. « De toute évidence, les États-Unis vont poursuivre leurs engagements, pas grâce à la Maison-Blanche, mais grâce au secteur privé », estime M. Solheim. « Le train est sur de bons rails, mais nous devons le faire accélérer », poursuit-il.

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