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Un député conservateur s'excuse d'avoir qualifié Catherine McKenna de « Barbie du climat »

L'ancien ministre conservateur Gerry Ritz a présenté ses excuses sur Twitter mercredi, après avoir qualifié de « Barbie du climat » la ministre de l'Environnement Catherine McKenna, qui a jugé cette remarque de « sexiste et misogyne ».

Le député Gerry Ritz a fait son acte de contrition tard mardi soir sur Twitter, peu après avoir employé ce qualificatif jugé sexiste sur le même réseau social.

« Je m'excuse pour l'utilisation du mot Barbie, cela ne reflète pas le rôle que la ministre joue », a écrit le vétéran député de la Saskatchewan, qui a récemment annoncé son départ prochain de la vie politique.

La ministre visée avait alors répondu au gazouillis du député en lui demandant s'il employait ce « langage sexiste » pour parler de sa fille, de sa mère ou de sa soeur.

« Juste ce matin, j’étais en réunion avec des femmes leaders en matière de climat pour s’assurer que lorsque des actions sont prises sur le climat, on ait des femmes à la table », a indiqué Mme McKenna à sa sortie du siège des Nations unies, à New York.

La ministre a déploré que cet incident est loin d'être isolé, et qu'elle est fréquemment la cible de remarques sexistes, notamment sur les réseaux sociaux.

D'ailleurs, le média de droite The Rebel, dont les conservateurs se sont récemment dissociés, a cherché à populariser le qualificatif « Barbie du climat » dès 2016.

« Ce n’est pas une question d’excuses, c’est une question de changer les comportements, et de changer les attitudes », a déclaré Mme McKenna.

« Il y a beaucoup de jeunes femmes qui veulent se lancer en politique, et je veux qu’elles sentent qu’elles peuvent le faire, et qu’elles peuvent parler de l’excellent travail qu’elles font, et non de la couleur de leurs cheveux », a-t-elle ajouté.

Andrew Scheer refuse de condamner

Le Parti conservateur a indiqué en fin de journée que son chef Andrew Scheer tentait d'entrer en contact avec Mme McKenna pour lui faire part personnellement de sa désapprobation face aux propos « dégradants » tenus par Gerry Ritz.

En Chambre mercredi, le leader conservateur a toutefois refusé de condamner les propos de son député.

Dès les premières minutes de la période des questions, les libéraux, qui se font reprocher depuis lundi par les conservateurs d'avoir accouché d'une réforme fiscale nuisible aux femmes entrepreneures, ont envoyé le ministre Jim Carr au front.

Ce dernier a répondu aux trois questions du chef de l'opposition officielle, Andrew Scheer, en réclamant de ce dernier qu'il condamne les propos de Gerry Ritz. Ce fut en vain.

Le leader conservateur n'a pas accédé à la demande et, dans les banquettes conservatrices, on s'est indigné de voir les libéraux esquiver les questions.

« Je suis vraiment déçu que de nos jours, des commentaires de la sorte ne soient pas immédiatement dénoncés par le chef du parti », a commenté le ministre Carr après la séance.

Sa collègue à la Condition féminine, Maryam Monsef, a exprimé les mêmes regrets et en a profité au passage pour lancer une salve à l'intention du nouveau capitaine des troupes conservatrices, aux commandes depuis mai dernier.

« Le Parti conservateur, sous ce nouveau leadership, aimerait nous faire croire que les choses ont changé, que le ton sera plus positif, mais l'inaction que nous avons vue aujourd'hui en Chambre de la part du chef montre que peu de choses ont changé », a-t-elle déploré.

En début de journée, les députées conservatrices Michelle Rempel et Sylvie Boucher ont également critiqué les propos de M. Ritz.

« J'ai été moi-même traitée de Barbie dans le passé. Je l'ai ignoré, peut-être n'aurais-je pas dû le faire », a témoigné Mme Rempel en mêlée de presse.

Mme Boucher a pour sa part estimé que ce type de commentaires n'avait « pas sa place [...] dans un monde où les hommes et les femmes ont une place égale dans notre société ».

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