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Un emploi, malgré son handicap visuel, grâce à Montréal Relève

Trouver un emploi lorsqu'on est atteint d'une déficience visuelle peut être un défi difficile à relever en raison des préjugés qui existent. C'est pourquoi un organisme montréalais tente de lever les tabous en convainquant les entreprises d'embaucher des personnes atteintes d'une telle déficience.

Un texte de Anne-Louise Despatie

Le nuage qui trouble la vision centrale de Khader Diaby depuis qu'il a 13 ans ne peut être corrigé par des lunettes ou une intervention chirurgicale.

C'est en immigrant au Canada que Khader Diaby réalise que sa déficience visuelle est permanente.

« Au départ, je ne voyais pas ça comme un handicap, mais plutôt comme un problème temporaire qui pourrait être corrigé, guéri par des médecins plus expérimentés au Canada », explique celui qui a quitté la Côte d'Ivoire pour retrouver sa mère à Montréal.

Khader Diaby poursuit ses études collégiales et entre à l'École Polytechnique en génie mécanique. Puis, l'étudiant doit approcher d'éventuels employeurs, notamment pour son stage en entreprise, bien conscient des préjugés à l'égard des personnes vivant avec une déficience visuelle.

L'organisme Montréal Relève, appuyé par l'Institut Nazareth et Louis-Braille, lui a donné un coup de pouce.

« À partir du moment où des organismes comme le nôtre disent "nous sommes capables de vous fournir l'appui dont vous avez besoin", les employeurs les accueillent comme n'importe quel autre employé. Nous avons des jeunes qui sont allés en communication et même une jeune fille qui a fait un stage en photographie », explique la directrice générale de Montréal Relève, Marie-Elaine Normandeau.

Grâce à Montréal Relève, Khader Diaby a pu rencontrer Daniel Picard de la firme d'ingénierie Pageau Morel et démontrer ses compétences pendant une semaine.

« Il est allumé, il apprend vite et son handicap ne paraît pratiquement pas dans son fonctionnement. Il a prouvé qu'il est capable de fonctionner et c'est pour cela qu'on n'a pas hésité à l'embaucher pour son stage de quatre mois. Il fait très bien la job », assure Daniel Picard, responsable du département d'écoénergie.

En grossissant textes et images sur son écran d'ordinateur, la vision périphérique du jeune homme compense la perte de vision centrale.

Khader Diaby a toujours voulu démontrer qu'il peut faire comme tout le monde, moyennant quelques aménagements à son poste de travail.

Je dois les convaincre que je peux travailler comme tout le monde, que j'ai juste besoin d'aménager mon poste. C'est difficile pour les gens de comprendre que quelqu'un qui a les yeux ouverts ne puisse pas bien voir.

Khader Diaby

Difficile, l'emploi, pour les personnes atteintes de déficiences visuelles

Un sondage de l'Institut national canadien pour les aveugles en 2016 démontre que seulement le tiers des personnes vivant avec une déficience visuelle et aptes au travail trouvent effectivement un emploi.

Toujours selon ce sondage, un Canadien sur cinq croit à tort qu'un employé aveugle a besoin d'un guide lors de ses déplacements au travail.

« Il y a beaucoup d'idées préconçues à défaire. Par exemple, les gens croient que quelqu'un qui a une canne blanche est atteint de cécité complète alors que ce n'est pas le cas. C'est parfois que les gens ne voient pas en bas », explique Nathalie Thibeault de l'Institut Nazareth et Louis-Braille, pour qui le programme de Montréal Relève est une belle occasion de démystifier ce handicap auprès des employeurs. « Il faut voir tout ce que ces jeunes seront capables de faire, pas juste ce qu'ils ne sont pas capables de faire. »

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