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Un employé de l'ONU accusé de collaboration avec le Hamas à Gaza

Les services israéliens de sécurité intérieure ont annoncé mardi l'arrestation et l'inculpation d'un employé du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) soupçonné d'avoir été à la solde du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Wahid Borsh, un Palestinien de 38 ans originaire de Jabaliya, est accusé de « s'être servi de son poste pour fournir une assistance matérielle aux activités terroristes et militaires du Hamas », indique un communiqué diffusé par le Shin Bet. 

Selon l'acte d'inculpation, il aurait accepté, après avoir été approché par un membre du Hamas, que des camions du PNUD déchargent des gravats sur un chantier afin de permettre la construction d'une jetée destinée aux activités navales de l'organisation.

M. Borsh, qui travaille pour le PNUD depuis 2003, a été arrêté plus tôt en juillet dans des circonstances qui n'ont pas été précisées par le Shin Bet.

Le Shin Bet allègue aussi qu'il est intervenu auprès de dirigeants du PNUD pour que des secteurs de Gaza habités par des membres du Hamas soient reconstruits en priorité. Ces éléments ne figurent toutefois pas dans l'acte d'accusation.

C'est la deuxième fois en cinq jours qu'un employé d'une organisation humanitaire est accusé par le Shin Bet. Jeudi dernier, le directeur à Gaza de l'ONG chrétienne américaine World Vision, Mohammed Halabi, a été accusé d'avoir détourné des millions de dollars au profit du Hamas.

Le PNUD inquiet

« Le PNUD est très inquiet des allégations des autorités israéliennes », a commenté l'agence onusienne dans un communiqué. « Un examen interne minutieux des procédés et des circonstances entourant ces accusations » est en cours, ajoute-t-elle.

« Les accusations des autorités israéliennes concernant M. Borsh font référence à 300 tonnes sur plus d'un million de tonnes déplacées, soit 7 camions sur un total de près de 26 000 », relativise-t-elle ensuite.

Le PNUD souligne tout de même qu'elle applique une politique de « tolérance zéro » dans le cadre de tous ses programmes, et qu'elle collabore pleinement avec les autorités israéliennes.

Le programme de retrait des gravats, mis sur pied après les affrontements survenus en 2014 dans la bande de Gaza, se déroule avec l'approbation du ministère israélien de la Construction et du Logement, précise-t-elle encore.

Selon le PNUD, M. Borsh est un sous-traitant du PNUD, et son arrestation est survenue le 3 juillet, au point de contrôle d'Erez.

« Il ne s'agit pas d'un cas isolé, mais d'une tendance inquiétante à l'exploitation systématique des organisations onusiennes par les terroristes du Hamas », accuse dans un communiqué l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Danny Danon.

Selon lui, les Nations unies doivent écarter tous leurs employés travaillant en même temps pour le Hamas, couper tous les ponts avec des organisations qui le soutiennent et mettre en place de vigoureux mécanisme de contrôle.

« Les allégations israéliennes sont sans fondement et visent à justifier le siège permanent de Gaza », a réagi un porte-parole du Hamas, Hazem Qasem. L'organisation avait avancé la même défense après l'arrestation de M. Halabi.

Depuis 2009, l'armée israélienne et le Hamas se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza, un territoire en proie à une crise humanitaire chronique où s'entassent 1,9 million de Palestiniens, dont les deux tiers dépendent d'une aide étrangère. 

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