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Un enfant enlevé par l'EI retrouve sa mère au Canada après trois ans de séparation

Pendant trois ans, Emad Mishko Tamo, un jeune garçon de 12 ans, a été prisonnier du groupe armé État islamique (EI) et séparé de sa mère. Le garçon a retrouvé une partie de sa famille, tôt jeudi matin, à Winnipeg.

Un texte de Thibault Jourdan

Nofa Zaghla, une réfugiée yézidi arrivée au Canada il y a six mois, n’avait plus de nouvelles de son fils jusqu’en juillet, lorsque des photos de lui, prises par l’armée irakienne qui venait de le libérer, sont apparues sur les réseaux sociaux.Environ 80 personnes de la communauté yézidie de Winnipeg attendaient l’enfant tôt ce matin à l’aéroport de la capitale manitobaine. Les premières retrouvailles entre lui et sa mère ont toutefois eu lieu à l’abri des regards.

« Je suis heureux et je remercie tous ceux qui m’ont aidé à retrouver ma famille », a déclaré l’enfant, avec l'aide d'une interprète, dans le hall de l’aéroport, au milieu des cris de joie et des applaudissements.

Emad Mishko Tamo n’a plus rien à voir avec le petit garçon au visage poussiéreux, aux cheveux ébouriffés et au regard hagard qui apparaissait dans des photos prises par l’armée irakienne. À sa descente d’avion, l’enfant aux cheveux blonds est apparu souriant, mais fatigué.

« Je suis très heureuse et je remercie Dieu de m’avoir permis de retrouver mon fils sain et sauf », a commenté Nofa Zaghla, visiblement soulagée.Sa santé est une prioritéLes premiers jours d’Emad Mishko Tamo au Canada seront néanmoins chargés : l’enfant, dont la famille dépend de l’Accueil francophone, va devoir maintenant être examiné. « Sa santé est la priorité », a indiqué Boris Ntambwé, coordonnateur à l'Accueil francophone et responsable de la famille.« Il va y avoir une évaluation de tout ce qu’il a connu comme expérience avec des spécialistes des traumatismes, et une évaluation de son état de santé, avant de travailler sur son intégration, notamment dans le milieu scolaire », ajoute-t-il.Le représentant au Canada du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés était présent à Winnipeg jeudi matin. Jean-Nicolas Beuze est plutôt optimiste quant à l’avenir d’Emad Mishko Tamo: « Les enfants ont une capacité à se réinventer en tant qu’enfant très rapidement. C’est très surprenant », explique-t-il.

Emad Mishko Tamo, quant à lui, n’attend qu’une chose: enfourcher un vélo acheté spécialement pour lui par la communauté yézidie et jouer avec les autres enfants de son âge.

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