Le Collège des médecins prépare un guide pour aider les médecins à accompagner leurs patients qui choisiront de mettre fin à leurs jours par le jeûne, en se privant d'eau et de nourriture.

C'est ce qu'a fait Hélène Leblanc, atteinte de sclérose en plaques et jugée inadmissible à l'aide médicale à mourir. C'est un choix que pourraient faire de plus en plus de patients, selon le Collège des médecins. 

« Même la meilleure loi au monde ne pourra pas prévoir tous les cas de figure, donc il va toujours y avoir des cas dans la marge qui vont prendre des décisions extrêmes et qui vont susciter beaucoup d'émotions », note le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert.

Selon le Collège, les cas comme ceux d'Hélène Leblanc sont peu fréquents. Leur nombre serait toutefois appelé à croître, principalement chez les patients atteints d'une maladie dégénérative dont l'espérance de vie est difficile à définir.

La loi québécoise impose qu'un patient soit « en fin de vie » pour avoir droit à l'aide médicale à mourir. Moins restrictive, mais trop floue aux yeux des contestataires, la loi fédérale exige quant à elle que la mort d'un patient soit « raisonnablement prévisible ».

Les deux lois coexistent en ce moment et le Collège des médecins indique qu'un immense flou subsiste sur leur application. De nombreux médecins craignent des poursuites criminelles.

« On doit vérifier la chose avec le Barreau du Québec et s'assurer que notre interprétation est la bonne et de bien guider les médecins et les avocats sur les patients qui peuvent y avoir accès », indique le Dr Robert.

Gaétan Barrette blâme la loi fédérale

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, confirme de son côté que c'est la loi fédérale, et le Code criminel, qui ont préséance sur la loi québécoise sur l'aide à mourir.

Selon lui, le problème réside dans la notion d'une mort raisonnablement prévisible. Gaétan Barrette soutient que ce concept est trop flou et qu'il ne respecte pas l'arrêt Carter de la Cour suprême qui, soutient-il, devrait rendre l'aide médicale à mourir disponible aux patients qui souffrent de douleurs insupportables sans espoir de guérison.

Le ministre Barrette avance aussi que si la condition initiale d'Hélène Leblanc ne lui permettait pas d'avoir accès à l'aide à mourir, elle aurait dû y avoir droit après avoir entamé son jeûne.

« Il y a un moment dans l'évolution du jeûne où la mort est clairement inévitable et, à ce moment-là, la personne a accès à l'aide médicale à mourir », soutient Gaétan Barrette. Le ministre est convaincu que le Collège des médecins aidera à clarifier la situation.

Entre-temps, le ministre invite le public à maintenir la pression sur le gouvernement fédéral. « J'invite les gens à continuer à débattre sur ce sujet-là. C'est le fédéral qui doit s'ajuster et j'ose espérer que ce sera fait rapidement. »

L'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique a d'ailleurs lancé une contestation judiciaire contre la loi fédérale pour tenter de la faire déclarer inconstitutionnelle.

Le gouvernement canadien a de son côté toujours soutenu que les dispositions de la loi C-14 respectaient les critères établis par la Cour suprême.

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