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Un homme de Kirkland accusé d'avoir proféré des propos haineux

Antonio Padula demeure en détention après avoir été accusé d'avoir proféré des menaces et d'avoir incité à la haine. Les policiers l'avaient arrêté tard mardi soir dans une résidence de Kirkland, dans l'ouest de l'île de Montréal.

L'accusé, âgé de 47 ans, doit comparaître jeudi pour son enquête sur remise en liberté.

Lors de sa comparution par vidéoconférence mercredi, il a affirmé qu'il ne supporterait pas de passer une nuit en prison. Mais le juge s'est opposé à sa remise en liberté.

Sur l'acte de dénonciation contre Antonio Padula, il est mentionné que ce dernier aurait « fomenté la haine contre un groupe identifiable » et « sciemment proféré une menace de causer la mort ou des lésions corporelles ». Les faits pour lesquels il est accusé se sont produits aux alentours du 31 janvier dernier.

L'arrestation de ce résident de Kirkland, en banlieue de Montréal, survient alors que les autorités affirment que le nombre de plaintes pour propos haineux a connu une hausse importante depuis l'attentat sanglant de dimanche soir à Québec.

Arrestation et perquisition à la suite de commentaires publiés en ligne

Ce sont des agents de la Sûreté du Québec (SQ) qui menaient une surveillance des messages écrits sur les réseaux sociaux qui ont relevé les propos qu'aurait diffusés M. Padula.

Le SPVM a été avisé et a envoyé des agents arrêter l'individu dans une résidence de la rue de Shediac. Une perquisition a ensuite été effectuée.

Mardi, le chef des communications avec les médias pour la Sûreté du Québec, le capitaine Guy Lapointe, a rappelé aux internautes que leurs commentaires publiés en ligne peuvent mener à des accusations criminelles.

« Les propos menaçants ou la propagande haineuse sur les médias sociaux, peu importe l'intention (humour), peuvent s'avérer criminels », a-t-il écrit sur Twitter.

« Dans le doute, abstenez-vous! Les inhibitions sont moins présentes derrière un clavier », a-t-il poursuivi.

Mercredi, le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a indiqué au comité exécutif de la Ville de Montréal avoir reçu 24 appels depuis dimanche, incluant 10 qui sont liés à l'islamophobie et quatre à l'extrême droite.

Herman Deparice-Okomba a précisé que quatre cas avaient été transférés à la police.

« C'est un nombre extrêmement élevé en 72 heures », a-t-il noté.

Dénonciations et prévention

Le SPVM avait recensé 55 dénonciations de gestes à caractère haineux pour la période de mai à décembre 2016, mais elle en a enregistré 29 depuis l’attentat à la mosquée de Québec.

Les incidents à caractère racial ou haineux sont également en hausse de 20 % de 2015 à 2016.

Les policiers mettent en garde les citoyens contre les propos qu’ils pourraient tenir sur Internet et les médias sociaux. Ils invitent les internautes à dénoncer les propos haineux.

« Deux de ceux-là, nos enquêteurs ont été en mesure de retracer d’où ça venait. Ils ont appelé les gens qui étaient responsables de ces commentaires-là. Les gens se sont dits désolés de ce qu’ils avaient fait. Ce travail qui a été fait a été possible grâce à la dénonciation et c’est sûr que ça l’a eu un effet de prévention par rapport à ce qu’ils ont fait là », dit le directeur du SPVM, Philippe Pichet.

« Avant qu’une situation devienne un crime haineux, elle peut partir d’un incident haineux. C’est pour ça que c’est important de les traiter », conclut M. Pichet.

À Québec, la mosquée attaquée dimanche soir a été remise aux fidèles mardi soir et elle a rouvert ses portes ce matin. L'attentat a fait six morts et huit blessés.

Avec les informations de Karine Bastien

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