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Un horaire flexible pour augmenter la productivité

Pour être plus productifs, les employés ont besoin de disposer de temps afin de vaquer à leurs occupations personnelles. En Suède, certains milieux testent la journée de six heures. Ici, on opte plutôt pour les horaires flexibles qui permettent aux travailleurs de concilier leurs vies personnelle et professionnelle.

Un texte de Maxime Bertrand 

Simon De Baene est le fondateur de GSOFT, une entreprise de développement de logiciels qui a des clients un peu partout sur la planète. Il s'est donné pour mission de réinventer la culture d'entreprise.

« On a compris assez vite que le bonheur au travail, c'était la clé du succès. Mettre le bonheur de l'employé en premier lieu est devenu l'enlignement de l'organisation. Le jour où on a commencé à faire ça, on a commencé à avoir des résultats exceptionnels », raconte-t-il.

Et il ne lésine pas lorsqu'il s'agit de dorloter ses 200 employés. Parmi les avantages : de grands espaces ouverts, des aires de jeu pour les amateurs de planche à roulettes comme lui, un lieu de détente et d'échange, du café préparé par un barista, des horaires flexibles permettant la conciliation travail-famille, un voyage annuel payé par l'entreprise, et des vacances illimitées.

« Ce qu'on dit aux employés, c'est : assurez-vous que vous n'avez pas un impact négatif pour votre client, pour vos collègues et pour l'organisation. Et si vous couvrez ces trois angles-là, go! » explique-t-il.

GSOFT consacre aux multiples avantages sociaux un budget annuel de 10 000 $ par employé. Résultat : l'entreprise montréalaise a doublé son chiffre d'affaires en cinq ans. Cette année, elle frisera les 50 millions de dollars.

N'allez pas dire à Simon De Baene que cette nouvelle vision des ressources humaines est générationnelle. Il vous répondra qu'il a recruté son père cinquantenaire.

Dans les milieux plus conservateurs aussi

Cette philosophie plus courante dans l'univers des nouvelles technologies gagne des milieux plus conservateurs. Chez le cabinet d'actuaires Normandin-Beaudry, les horaires souples, la conciliation travail-vie personnelle, bref, tout ce qui favorise le bien-être des employés est sacré.

« Bonheur égale qualité, satisfaction des clients, proximité des clients, excellence du travail, puis en bout de ligne, résultats financiers », affirme Étienne Boucher, associé chez Normandin-Beaudry.

« Moi, personnellement, je ne crois pas avoir jamais raté une rencontre de parents ou un spectacle de fin d'année. Ceci dit, j'ai déjà travaillé le soir, la fin de semaine pour compenser », ajoute-t-il.

Le monde du travail est en pleine mutation. En Suède, une municipalité a décidé de mettre la journée de travail de six heures à l'épreuve, dans le cadre d'un projet pilote. Le but : réduire les heures de travail pour augmenter la productivité.

« Ils ont compris, soit intuitivement, soit éclairés par la science, que le fait de donner une perception de richesse de temps était bénéfique à la fois pour l'individu qui en bénéficie, mais aussi pour l'employeur », estime Jacques Forest, professeur à l'UQAM, psychologue et conseiller en ressources humaines.

Est-ce applicable ici? Oui, selon le professeur, qui soutient que certains employeurs y songent.

Simon De Baene hésite. « Diminuer de sept heures et demie à six heures aurait des impacts énormes sur la rentabilité de l'organisation », dit-il.

Pour sa part, Diane-Gabrielle Tremblay, professeure de gestion des ressources humaines à la TÉLUQ, croit que « de faire une semaine comprimée en quatre jours et d'avoir trois jours entièrement libres, les gens vont préférer ça à six heures par jour ».

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