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Un logiciel québécois pour détecter la radicalisation en prison

Une compagnie québécoise propose un logiciel qui permet de repérer les individus qui sont à risque de se radicaliser en prison et de devenir des extrémistes violents. Plusieurs pays ont manifesté de l'intérêt pour le produit, mais certains experts restent sceptiques.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Éric Le Goff est le président de Solutions Abilis, une entreprise montréalaise qui produit notamment des logiciels destinés à la gestion de la population carcérale. Ses logiciels utilisent des outils déjà employés dans le marketing qui analysent « des données » pour « comprendre le comportement » des individus.

« Ce sont des outils de l'intelligence d'affaires qui permettent de segmenter des individus », explique-t-il en entrevue avec Radio-Canada. Sauf qu'ici, on ne cherche pas à déterminer si un consommateur pourrait acheter un produit, mais plutôt si un prisonnier représente un risque particulier.

Sur son écran d'ordinateur, on voit apparaître des points de différentes couleurs qui représentent des prisonniers fictifs, reliés entre eux par des lignes colorées. Le tout ressemble à une toile d'araignée. M. Le Goff a pour clients plusieurs États américains, qui se servent de son logiciel pour gérer les gangs dans leurs prisons. Désormais, il tente d'en commercialiser une version qui permet de détecter les prisonniers qui se radicalisent.

Pour voir cette vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Le criminologue Jean-Claude Bernheim est sceptique. « La radicalisation ne se fait pas parce que vous donnez une poignée de main à quelqu'un ou que vous le rencontrez, surtout dans un milieu fermé », dit-il. Mais, il reconnaît que le système carcéral au niveau provincial n'est pas assez informatisé. « Il y a beaucoup de problèmes de communications et de transferts d'informations », souligne-t-il.

Stéphane Berthomet, expert en affaires policières, estime qu'il faudrait surtout miser sur des ressources humaines.

Éric Le Goff souhaite maintenant vendre son logiciel. Des États américains et une demi-douzaine de pays européens ont montré un certain intérêt.

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