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Un médicament pour faire « marcher » les paraplégiques

Un médicament encore expérimental, le Spinalon, vient d'être testé avec succès chez l'humain, une preuve qu'on pourrait permettre aux paraplégiques d'avoir des mouvements de marche.

Un texte de Yanick Villedieu animateur des Années lumière

On ne parle pas ici de permettre aux paraplégiques de marcher comme s'ils n'avaient plus de handicap, mais bien de leur donner la possibilité de réaliser des mouvements qui seraient suffisants pour les aider à faire de l'exercice. Ils pourraient ainsi prévenir les effets indésirables de l'immobilisation, notamment de l'ostéoporose, de la fonte musculaire ou encore des problèmes de circulation sanguine dans les membres inférieurs.

Ces recherches sont menées dans le laboratoire du spécialiste en neuroscience Pierre Guertin, du Centre hospitalier universitaire de Québec.

Ce dernier a inventé la combinaison de molécules qui forme le Spinalon et qu'il avait longuement testée chez des animaux avant cette première étude chez l'humain.

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Il faudra encore plusieurs années de recherche clinique pour mettre le Spinalon sur le marché, car on n'en est qu'au tout début des essais chez l'humain. Mais il y a bon espoir que ces travaux soient couronnés de succès, pense Pierre Guertin.

D'une part, parce que dans ce premier essai clinique, les patients ont effectivement « répondu » au médicament, comme l'ont fait les animaux de laboratoire. D'autre part, parce que ces travaux s'appuient sur une bonne compréhension des mécanismes biologiques en oeuvre dans la marche, soit comment le cerveau envoie un signal, par l'entremise de la moelle épinière, à une petite structure appelée CPG; puis comment cette structure, située très bas dans la moelle épinière, amorce et entretient les mouvements de la marche.

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De l'espoir à l'horizon

Cette structure est déconnectée du cerveau chez les personnes qui ont une lésion de la moelle. Chez elles, le signal du cerveau ne passe pas. Mais le CPG reste fonctionnel, même s'il ne reçoit plus de commandes du cerveau.

Or, c'est précisément sur ce CPG qu'agit le Spinalon - d'où ces mouvements réflexes observés tant chez les animaux que, tout récemment, chez des paraplégiques. Avec pour résultat des capacités de mouvement à la fois petites et très importantes pour les patients.

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