Retour

Un ministre du Commerce international à l'ère du protectionnisme

C'est le nouveau ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne, qui représentera le pays au Sommet économique de Davos la semaine prochaine. Si celui qui a fait carrière à l'international comme avocat se retrouvera en terrain connu, entouré de ministres et de chefs d'entreprises, la tâche qui l'attend au cours des prochaines années s'annonce colossale.

Mis à mal par l'élection de Donald Trump et le Brexit, le libre-échange a mauvaise presse. François-Philippe Champagne le reconnaît, mais ne baisse pas les bras pour autant.

En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, celui qui succède à Chrystia Freeland vante plutôt l'approche canadienne en réponse à ceux qui estiment que le libre-échange ne profite qu'aux plus riches.

« Pour moi le commerce c'est un peu ça, d'ouvrir de nouveaux marchés, de permettre à nos compagnies d'exporter pour créer des emplois chez nous, pour créer de la richesse, mais aussi de redistribuer cette richesse-là. Je pense que c'est le modèle canadien qui intéresse beaucoup nos partenaires », illustre-t-il.

François-Philippe Champagne voit même dans le contexte actuel une occasion pour le Canada de se distinguer.

Le Canada est vu de façon très favorable dans le monde présentement, saisissons ce moment pour attirer des investissements, créer de l'emploi chez nous, créer de la richesse.

François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international

N'empêche, le courant protectionniste est fort. Donald Trump a d'ores et déjà annoncé qu'il ne ratifiera pas le Partenariat transpaficique (PTP) dont le Canada souhaite la mise en oeuvre. Dans cette conjoncture, serait-il plus simple pour le pays de signer des accords bilatéraux de libre-échange?

« Le Canada a été bien servi par les accords multilatéraux, mais c'est clair qu'il y a une montée du protectionnisme. C'est pour ça que dans mon rôle, où [la ministre des Affaires étrangères Chrystia] Freeland va s'occuper de nos relations avec les États-Unis, il faut continuer à regarder ce qui se passe en Chine, dans les autres marchés émergents [...] on doit continuer de préserver nos relations avec nos partenaires », répond François-Philippe Champagne.

Parler d'une seule voix

Alors qu'il travaillait à Londres, François-Philippe Champagne se rappelle de provinces canadiennes qui s'attaquaient mutuellement pour attirer les investisseurs. S'il évite de répéter cette anecdote, il ne plaide pas moins aujourd'hui pour une stratégie unifiée entre les différents niveaux de gouvernement pour attirer les capitaux.

« Quand on est un investisseur en Asie, en Europe ou en Amérique du Sud, on regarde d'abord une géographie et on pense au Canada. À mon sens, il faut d'abord vendre le Canada avec nos partenaires provinciaux, avec les municipalités », soutient-il.

François-Philippe Champagne, qui se décrit comme le « chef marketing » du Canada dans le monde, dit d'ailleurs avoir déjà eu des entretiens avec le maire de Montréal Denis Coderre et la ministre québécoise de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade.

Plus d'articles

Commentaires