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Un mystérieux drone retrouvé près d’une piste de l’aéroport de Montréal

EXCLUSIF - Un drone a été retrouvé en septembre près de l'une des principales pistes d'atterrissage de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. On ne sait pas ce qu'il faisait sur le terrain même de l'aéroport.

Le nombre de drones volant dans le ciel de la métropole augmente, et pour la toute première fois, un drone a été retrouvé sur le terrain même de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, près de l'une des principales pistes d’atterrissage.

L’incident s’est produit le 13 septembre dernier et n'avait jamais été rendu public. Plus de deux mois plus tard, on ne sait toujours pas ce que l’engin volant faisait près d’une piste d’atterrissage.

Un drone a été trouvé au sol à l'intérieur des clôtures de l'aéroport en courte finale piste 06L à Montréal […] Le propriétaire du drone est inconnu. Aucun impact connu.

Résumé de l'événement par Transports Canada

Il est interdit de faire voler un drone à l'intérieur d'un périmètre de 9 kilomètres autour d’un aéroport, à moins d’avoir une autorisation fédérale.

Transports Canada n’a pas ouvert d’enquête. « N’ayant pas la date à laquelle le drone s’est retrouvé sur le site, ni l’identité de l’opérateur, les renseignements étaient donc insuffisants pour ouvrir une enquête », explique Roxane Marchand, responsable des relations avec les médias pour Transports Canada.

Aéroports de Montréal (ADM) n’est pas en mesure, non plus, d’indiquer pourquoi un drone s’est retrouvé à proximité d’une piste d’atterrissage.

Je confirme qu’il y a un drone qui a été retrouvé, il a été inspecté, il a été remis à qui de droit ici à la Sûreté aéroportuaire.

Marie-Claude Desgagnés, la porte-parole d’Aéroports de Montréal

Un mois avant cet incident, plusieurs pilotes avaient signalé la présence d'un drone près de l'autre piste d'atterrissage principale, mais à l'extérieur de la clôture de l'aéroport. L'appareil et son propriétaire n'avaient pas été retrouvés par la police.

Capturer les drones

L'entreprise Services environnementaux faucon utilise des rapaces sur le site de l'aéroport pour éloigner ou capturer les animaux nuisibles. Dans de rares cas, les employés de Services environnementaux faucon utilisent des canons à filets ou une arme à feu pour capturer ou tuer un animal qui se trouve trop près d’un avion.

Radio-Canada a appris que l'entreprise voudrait faire de même avec les drones si un appareil représente un danger pour les avions, mais la législation ne le permet pas encore.

Selon la loi, la plupart des drones sont considérés comme des aéronefs et on ne peut pas tirer sur des aéronefs, c'est complètement illégal, à ce niveau-là, il y a des discussions.

Pierre Molina, vice-président de Services environnementaux faucon

Les discussions entre Transports Canada, Services environnementaux faucon, ADM et Nav Canada, l’organisme responsable du contrôle aérien, avancent bien, selon M. Molina.

Ce dernier s’oppose à l’utilisation d’oiseaux de proie pour capturer les drones pour des raisons éthiques. « Il y a de bonnes chances que l’oiseau puisse être blessé par un drone », ajoute M. Molina.

Un drone peut-il abîmer un avion?

La probabilité qu’un drone vendu au grand public puisse abîmer sérieusement un avion est très faible.

Des tests sont d’ailleurs effectués sur les avions : des carcasses d’oiseaux congelés sont projetées dans leur direction afin de s'assurer que l’avion peut encaisser les impacts, explique le professeur Gregory Dudek, spécialiste des drones à l’Université McGill. Il mentionne que les drones sont généralement plus légers que les oiseaux.

Il existe aussi le risque qu’un individu mal intentionné attache des explosifs à un drone et s’en serve pour commettre un attentat contre un avion de ligne. M. Dudek indique qu’il faudrait que l’individu ait accès à de puissants explosifs et à un drone capable de porter une charge lourde, deux choses qui ne sont pas facilement accessibles pour le public.

« La plupart des drones qui sont faciles à obtenir sont très petits. Avec un petit drone, il n’a pas beaucoup d’habilité pour porter beaucoup de poids », dit M. Dudek.

À l’échelle du pays, la GRC a mis en place un projet de deux ans pour examiner les façons d’abattre ou de capturer un drone qui se serait introduit dans une zone sensible. En collaboration avec la Défense nationale, le projet étudie notamment les règles d’engagement à adopter en cas d’intrusion de drones dans un espace aérien restreint.

Des tests ont eu lieu à la base aérienne militaire de Medicine Hat, en Alberta, selon les documents obtenus par Radio-Canada, à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Dans des rapports rendus publics par le passé, la GRC avait déjà indiqué qu'elle constatait que la possibilité de l'utilisation d'un drone piégé par des individus mal intentionnés était réelle. Au début octobre d'ailleurs, le groupe armé État islamique a utilisé un drone piégé pour tuer deux combattants kurdes et blesser deux soldats français à Mossoul, en Irak, d'après Reuters.

Un chameau au milieu d'une autoroute

La présence des drones est un casse-tête pour Nav Canada, l’organisme responsable de la gestion du trafic aérien au pays. Les opérateurs de drones ne peuvent communiquer avec les tours de contrôle, les appareils sont trop petits pour être vus de loin.

Dans un document interne datant de janvier 2016 obtenu par Radio-Canada, Nav Canada compare les drones à un chameau qui se promènerait au milieu d’une autoroute lors d'un embouteillage.

Nav Canada se penche aussi sur des mesures afin de mieux intégrer les drones dans le ciel canadien.

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