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Un opposant à Trans Mountain se porte candidat à la direction de l'APN

Un conseiller politique de Kahnawake et militant anti-pipeline envisage de briguer la direction de l'Assemblée des Premières Nations (APN), l'organisation autochtone la plus influente du pays qu'il estime trop près du gouvernement de Justin Trudeau.

Russ Diabo veut prendre la tête de l'APN en raison de la « menace » que représenteraient aux droits des Autochtones les lois récemment proposées par le gouvernement Trudeau. En février, le premier ministre a affirmé qu'il élaborerait un cadre de reconnaissance et de mise en œuvre des droits en partenariat avec les Autochtones.

M. Diabo estime que l'appui du premier ministre au pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan - dont l'expansion serait « dans l'intérêt national », selon Justin Trudeau - « démontre l'hypocrisie de son programme de réconciliation ».

Le militant mohawk entre dans la course « à contrecoeur », dit-il, mais il s'est senti obligé de le faire, étant donné les enjeux.

« J'ai de graves inquiétudes à propos de ce projet de loi que Trudeau veut présenter. [...] Il veut mettre fin à des droits dans son cadre politique et veut violer les droits internationaux », dénonce Russ Diabo.

Ce dernier croit que le but ultime du gouvernement Trudeau est de transformer les Premières Nations en gouvernements municipaux dotés de pouvoirs fiscaux et de propriété privée, mettant ainsi fin à la propriété foncière collective et au statut d'exonération fiscale des communautés en vertu de la Loi sur les Indiens.

Russ Diabo est le premier candidat à se lancer dans la course contre le chef national sortant de l'APN, Perry Bellegarde, qui tentera d'obtenir un deuxième mandat.

M. Bellegarde, qui fait partie de la Première Nation de Little Black Bear en Saskatchewan, entame sa campagne de réélection en misant sur une relation étroite et fructueuse avec le gouvernement Trudeau.

Conseiller et analyste

Russ Diabo a environ 40 ans d'expérience dans la politique des Premières Nations. Il a travaillé pour l'APN à divers moments au cours des années 1980 et 1990 à titre de conseiller et d'analyste. Il a également aidé à rédiger la politique autochtone du livre rouge du Parti libéral fédéral après l'élection de Jean Chrétien en 1990.

Son réveil politique est survenu dans les années 1970, ayant participé notamment à l'occupation autochtone du bâtiment du Bureau des Affaires indiennes, à Washington.

Plusieurs chefs ont déjà manifesté leur intention d'appuyer Russ Diabo, dont la chef de la Première Nation de Neskonlith, Judy Wilson, et le chef de la Première Nation de Wolf Lake, Harry St-Denis.

Russ Diabo a besoin d'au moins 15 appuis de chefs pour soutenir sa candidature, dont huit à l'extérieur de sa province natale, le Québec.

Le vote pour le chef national de l'APN - organisation qui représente 634 Premières Nations à travers le pays - est prévu le 25 juillet prochain, à Vancouver.

D'après les informations de Jorge Barrera, de CBC

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