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Un photographe japonais s'inquiète de l'effet des changements climatiques sur les blanchons

L'observation des blanchons a repris, cette année, aux Îles-de-la-Madeleine, après deux ans d'absence. Quelque 170 touristes sont venus admirer le petit mammifère marin sur la banquise, dont une quarantaine de Japonais. Parmi eux, le photographe Rei Ohara, qui s'inquiète des effets des changements climatiques sur les jeunes phoques.

Un texte de Philippe Grenier, envoyé spécial au Japon

Le photographe Rei Ohara est un habitué de la banquise canadienne. Ses clichés font découvrir à la planète tout entière la beauté contemplative des blanchons.

Le Japonais en est à sa 25e présence au Canada pour venir les observer.

C'est un accident de parcours qui l'a mené jusqu'aux Îles-de-la-Madeleine.

En 1989, lors des manifestations de la Place Tiananmen le jeune Rei Ohara, alors photographe de presse, prend une photo qui fait le tour du monde.

« Sur cette photo, les gens ont cru à tort que les étudiants bloquaient un tank, alors que la réalité est qu'ils se dirigeaient tout simplement vers le tank », dit-il.

Le sentiment de ne pas pouvoir décrire correctement la réalité l'a alors fait se questionner sur son travail de photojournaliste. Ce qu'il désirait vraiment, « c'était de rendre les gens heureux ».

Lors d'une visite à l'hôpital, c'est par hasard qu'il est tombé sur une carte postale du Canada montrant un blanchon.

Rei Ohara a immédiatement su ce qu'il voulait faire de sa vie.

Depuis ce temps, chaque hiver, il quitte son Japon natal pour la blancheur immaculée du golfe du Saint-Laurent.

Ces premières images captées en 1990 font sensation.

« Mon premier recueil de photo sur les blanchons s'est vendu à plus de 100 000 copies au Japon », lance Rei Ohara.

Plusieurs autres recueils vont suivre au fil des ans.

Pour Ariane Bérubé, directrice des ventes pour les Hôtels Accents, Rei Ohara, « c'est vraiment notre lien avec notre marché principal qui demeure encore le Japon ».

En moyenne, 1 touriste sur 5 provient du Japon pour observer les blanchons, et ce depuis plusieurs années.

« Je suis venu aux Îles après avoir été charmé par une photo de Rei Ohara », mentionne Fumiko Shinozaki, une touriste japonaise.

Changements climatiques

Rei Ohara se dit chanceux d'être de retour cette année sur la banquise canadienne.

En 2016 et 2017, les glaces n'étaient pas au rendez-vous, et les saisons d'observation ont été annulées. Cet hiver, la saison s'est terminée plus tôt que prévu.

Réal Boudreau, guide de glace pour le Château madelinot depuis plus de vingt ans, « pense que les effets sur les changements climatiques sont pour quelque chose »

Le photographe Rei Ohara voit les choses différemment, après 30 ans sur le terrain.

« Mon oeil de photographe est différent à chaque année, j'ai beaucoup pensé aux changements climatiques », lance-t-il.

Il veut consacrer son prochain recueil de photos aux changements climatiques et espère revenir l'an prochain sur la banquise.

Le journaliste Philippe Grenier est titulaire de la bourse des médias de la Fondation Asie-Pacifique du Canada 2017-2018. Grâce à cette bourse, il a produit une série de reportages sur les défis démographiques du Japon et divers sujets.

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