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Un photographe winnipégois immortalise la crise des Rohingyas

En 2014, le photographe amateur Muhammad Munimuzzaman Khan vivait au Bangladesh, lorsqu'il a visité un camp de réfugiés rohingyas. Il ne pensait pas alors qu'un de ses clichés serait choisi par le Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, pour y être exposé.

Un texte de Pierre Verrière

Dans sa robe à fleurs, la petite fille rohingya interroge l'objectif du photographe. Elle tient dans ses mains un document qui porte le sceau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Le Musée a choisi cette image pour illustrer la crise actuelle que vivent les Rohingyas, une minorité ethnique musulmane persécutée par le gouvernement du Myanmar, à l'occasion d'une exposition de photographies sur les droits de la personne.

Le campement visité par le photographe au Bangladesh accueille ceux qui ont fui le Myanmar. Les personnes réfugiées ne peuvent pas s’établir dans ce pays au-delà du camp et ne peuvent pas non plus retourner au Myanmar.

Muhammad Munimuzzaman Khan explique que la fillette est née au Bangladesh, un pays où l'obtention de la citoyenneté se fait par le sang.

« Elle ne peut donc être reconnue par le Bangladesh et, de son côté, le Myanmar ne lui reconnaît pas la nationalité myanmaraise. C'est donc une enfant apatride. Sa situation m'a touché et c'est comme ça que j'ai pris la photo », souligne Muhammad Munimuzzaman Khan.

Installé à Winnipeg depuis 2016, où il travaille comme analyste dans une société de haute technologie, le photographe amateur, qui a lui-même grandi au Bangladesh, n'a pas oublié ce qu'il a vu dans les camps de réfugiés de son pays natal.

« Les conditions de vie sont terribles, les camps sont surpeuplés, les gens vivent dans des abris de fortune, il y a de la boue partout et il n'y a pas d'eau potable », raconte Muhammad Munimuzzaman Khan.

Il avoue que cette expérience a transformé sa vie.

« Je me sens privilégié, je tiens beaucoup de choses pour acquises. Cette petite fille, elle, n'a pas d'identité, elle n'a rien, pas même un acte de naissance. Si le Bangladesh choisit de la renvoyer, elle n'a nulle part où aller. Ç'a évidemment changé ma façon de voir la vie », avoue le Winnipégois d'adoption.

Si sa vie est désormais au Canada, Muhammad Munimuzzaman Khan ne compte pas mettre l'appareil photo au rancard, bien au contraire.

« Je compte continuer mon travail photographique et j'espère continuer de voyager pour prendre des photos et témoigner des injustices et des violations, c'est ma façon à moi de manifester. »

Jusqu'au 28 novembre, le gouvernement du Canada s'est engagé à verser l'équivalent du montant de tous les dons faits par des Canadiens aux organismes humanitaires qui travaillent auprès des réfugiés rohingyas.

Un rassemblement est organisé mercredi de 19 heures à 21 heures devant les locaux de l'Immigrant and Refugee Community Organization of Manitoba pour protester contre la situation actuelle des réfugiés rohingyas. À cette occasion, il y aura une table de discussion avec plusieurs membres de la communauté rohingya de Winnipeg et des réfugiés qui viendront raconter ce qu'ils ont vécu.

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