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Un plan pancanadien de lutte contre les changements climatiques dévoilé vendredi

Le premier ministre canadien et ses homologues provinciaux finalisent les détails d'une stratégie nationale sur les changements climatiques qui sera officiellement présentée dans une réunion à Ottawa vendredi, a appris CBC, le réseau anglophone de Radio-Canada.

Des sources au fait des négociations ont confirmé que les premiers ministres présenteront cette stratégie comme « un plan ambitieux et réalisable », capable de juguler le problème des changements climatiques.

Le plan permettrait d’atteindre, voire de dépasser, les cibles canadiennes de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 2030.

« Nous démontrerons comment nous entendons atteindre nos cibles de 2030, quelles mesures nous allons prendre, quelles mesures additionnelles seront adoptées pour atteindre notre objectif », a déclaré la ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna, dans une entrevue accordée à CBC depuis la Chine, où elle dirige une délégation sur les énergies vertes.

« Vous verrez un plan spécifique. Vous verrez, pour chacun des secteurs, ce que nous faisons pour réduire les émissions, a-t-elle poursuivi. Vous verrez quels investissements nous effectuons. Vous verrez comment nous travaillons de concert avec les communautés autochtones, en particulier dans le nord du pays, où elles ont des inquiétudes spécifiques au sujet du diesel, mais aussi à propos de leur adaptation aux changements climatiques. »

Le plan inclura une référence au prix du carbone qui permettra toutefois une certaine souplesse afin de permettre aux provinces d'en limiter les impacts sur leur économie.

Il comprendra aussi une liste d’annonces déjà effectuées afin de lutter contre les changements climatiques, comme un nouveau code du bâtiment afin de stimuler l’efficacité énergétique, plus de stations de recharge des voitures électriques, accroître les sources d’électricité verte et moderniser les réseaux électriques.

La tarification du carbone demeure un sujet de débat

À savoir si les provinces signeront toutes un accord sur la tarification des émissions de GES, il faut voir. En l'absence d'un accord entre les provinces et les territoires sur le prix du carbone, c'est le prix plancher annoncé par le gouvernement Trudeau qui s'appliquerait à l'ensemble des États constituant le Canada.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, est farouchement opposé à l’idée d’imposer un prix aux émissions de carbone, du moins à court terme, et il menace d’intenter des recours judiciaires contre le gouvernement fédéral s’il va de l’avant avec une tarification nationale du carbone.

« Je ne crois pas que le gouvernement fédéral changera de position et je sais que nous ne le ferons pas non plus, a déclaré M. Wall. Mais nous devons continuer d’affirmer notre position et nous devons nous assurer de démontrer notre intérêt pour la lutte contre les changements climatiques ».

M. Wall s’est également demandé comment le gouvernement Trudeau allait imposer son prix [plancher] aux émissions de carbone à sa province si elle demeure la seule à ne pas entériner l’accord. « Lorsqu’ils arriveront avec peu importe le dispositif qu’ils entendent utiliser, nous leur répondrons par une procédure judiciaire », a-t-il dit.

L'Alberta et la diversité des moyens

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a indiqué pour sa part à l’émission Power & Politics qu’il devait y « avoir de plus amples discussions afin de s’assurer que les différentes approches prises par les différentes provinces réduisent effectivement les émissions ou ont des mécanismes de tarification du carbone comparable en place. »

La Colombie-Britannique appuie largement un accord sur la tarification du carbone, mais elle réclame des changements de dernière minute afin de protéger la compétitivité de son économie. Mme Notley soutient qu’elle entrevoit la concrétisation d’un accord, mais elle prévoit également que cette entente ne sera pas unanime. « Bien sûr, les provinces ne signeront pas toutes l’accord, mais je crois que la majorité le fera », a-t-elle ajouté.

La ministre McKenna soutient que, au-delà de la problématique de la tarification du carbone, il y a consensus sur les bases générales d’un accord. Elle espère ainsi obtenir un consensus et elle se dit sensible aux inquiétudes liées à la volonté de demeurer concurrentiel sur la scène internationale.

« La volonté de la Saskatchewan de nous traîner en cour est regrettable », ajoute la ministre de l’Environnement du Canada. « Je crois que ce processus nous rendra plus compétitifs, pas moins. Et ce que j’ai constaté [en Chine] c’est qu’il s’agit d’une grande occasion pour le Canada, le monde est en mutation vers une économie de réduction du carbone, et nous voulons implanter des incitatifs afin de positionner avantageusement le Canada pour qu’il tire avantage de la situation. »

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