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Un premier mineur a été euthanasié en Belgique

Pour la première fois depuis la modification d'une loi sur l'euthanasie en février 2014, un adolescent âgé de 17 ans a été euthanasié cette semaine en Belgique.

« L'euthanasie est déjà faite », a expliqué Jacqueline Herremans, qui fait partie de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, en charge de vérifier que l'acte a bien eu lieu dans le cadre prévu par la loi.

L'âge du mineur n'a pas été dévoilé; on sait simplement qu'il souffrait d'une maladie en phase terminale. Selon la télévision publique VRT, il s'agissait d'un adolescent qui aurait presque 18 ans.

La Belgique est le premier et le seul pays au monde à offrir le droit à des personnes mineures atteintes d'une maladie incurable et « en capacité de discernement » de mettre fin à leur vie. Les Pays-Bas ont une loi similaire, mais elle fixe une limite d'âge à 12 ans.

Seulement pour les cas « désespérés »

Cette possibilité demeure exceptionnelle et est réservée aux cas désespérés, précise le professeur Wim Distelmans, président de la commission « euthanasie », qui a fait part de ce cas au quotidien Het Nieuwsblad.

La commission « euthanasie » avait choisi de ne pas immédiatement faire mention de cet acte, mais la publication d'une étude à ce sujet a finalement incité le professeur Distelmans à l'évoquer au moment d'une entrevue, a expliqué Mme Herremans, présidente de l'Association belge pour le droit de mourir dans la dignité.

Un processus « très contrôlé »

Entérinée par une majorité de 86 députés contre 44 votes contre et 12 abstentions en 2014, la mesure législative avait déclenché une vive controverse dans le pays de tradition catholique.

Le sénateur socialiste Philippe Mahoux, qui est aussi l'auteur de la loi, avait mis de l'avant le besoin de répondre au souhait des pédiatres et des infirmiers qui se trouvaient devant la « souffrance insupportable » d'enfants à laquelle ils ne pouvaient répondre que dans l'illégalité.

Les conditions énoncées dans la loi belge, qui avait été fortement contestée, sont toutefois très strictes.

L'enfant ou adolescent doit prendre l'initiative de la demande, qui est ensuite étudiée par une équipe médicale et un psychiatre ou psychologue indépendant. Les parents doivent également accorder leur consentement.

Le mineur doit « se trouver dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance ».

Il doit aussi être confronté à une « souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ».

Contrairement à la loi pour adultes, celle qui encadre l'euthanasie de mineurs ne tient pas compte des souffrances « psychiques ».

Plusieurs demandes ont été présentées par des mineurs depuis l'entrée en vigueur de la loi, mais aucune n'avait obtenu une autorisation.

Plus de 2000 cas d'euthanasie ont été signalé en 2015 en Belgique, un record depuis la dépénalisation de la pratique en 2002. Le nombre des cas était de 500 en 2007 et de 1133 en 2011.

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