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Un proche de Donald Trump démissionne après des allégations de violence conjugale

Le secrétaire du personnel de la Maison-Blanche et proche du président Donald Trump, Rob Porter, a démissionné mercredi à la suite d'allégations de violence conjugale de la part de ses deux ex-femmes.

Dans une déclaration écrite, l’homme de 40 ans a déclaré que ces allégations rendues publiques cette semaine étaient « scandaleuses » et « tout simplement fausses ».

« J'ai été transparent et sincère sur ces viles affirmations, mais je ne commenterai pas davantage cette campagne de diffamation coordonnée. Mon engagement envers la fonction publique est éloquent, j’ai toujours traité les autres avec respect et placé l’intérêt de la nation en premier », a-t-il ajouté.

Il a ensuite confirmé qu’il quitterait son poste après une période de transition avec son remplaçant.

Les ex-femmes de Porter ont raconté cette semaine au Daily Mail avoir subi de la violence physique, verbale et psychologique pendant leur mariage respectif avec l’homme politique.

Colbie Holderness, la première femme de M. Porter, a raconté avoir été étranglée et frappée pendant les cinq années de son mariage, tandis que sa deuxième femme, Jennifer Willoughby, a décrit que son ancien mari l’avait notamment déjà traîné nue hors de la douche pour pouvoir la disputer.

Les histoires des deux femmes sur le site du Daily Mail incluaient également des photos de Mme Holderness avec un œil au beurre noir, blessure que Rob Porter lui aurait infligé en la frappant, selon elle, pendant des vacances en Italie.

« Ces allégations scandaleuses sont tout simplement fausses. J'ai pris les photos transmises aux médias il y a près de 15 ans, et la réalité qui se cache derrière n'est nullement proche de ce qui est décrit », a déclaré M. Porter.

La Maison-Blanche savait

Selon CNN, voilà des mois que l'administration Trump était au fait des allégations de violence conjugale contre M. Porter. Voilà du moins ce qu'ont affirmé mercredi deux sources au fait du dossier, après la démission du principal intéressé.

Toujours selon ces sources, le président n'aurait été mis au courant de l'affaire que cette semaine, et se serait mis en colère en prenant connaissance des reportages portant sur les allégations, reportages qui ont fait leur apparition à partir de mardi.

Les ex-femmes de M. Porter auraient détaillé les allégations auprès du FBI lors d'une enquête de routine, ont-elles confié à CNN, mercredi. Un an après le début de l'administration Trump, M. Porter ne disposait d'ailleurs toujours pas d'une autorisation de sécurité.

Au début de l'automne dernier, il était largement connu au sein des conseillers du président - y compris le chef de cabinet John Kelly - que M. Porter éprouvait des problèmes pour obtenir cette accréditation et que ses ex-femmes alléguaient qu'elles avaient subi des agressions.

Aucun geste n'avait alors été posé pour se débarrasser de M. Porter.

M. Kelly et d'autres conseillers lui ont plutôt confié d'importants mandats, comme la rédaction du discours sur l'état de l'Union. Il a également remplacé M. Kelly au Forum économique mondial de Davos, le mois dernier. Et il fut l'un des rares conseillers à serrer la main du président chinois Xi Jinping lors de la visite d'État à Pékin, en novembre.

La Maison-Blanche n'a pas voulu commenter, mercredi, à savoir si John Kelly était au courant des allégations contre Rob Porter.

« Inacceptable »

Dans une déclaration transmise mercredi, toujours, M. Kelly a affirmé qu'« il n'y a pas de place pour la violence conjugale dans notre société ».

« Je maintiens mes commentaires à propos du Rob Porter que j'ai appris à connaître depuis que je suis devenu chef de cabinet, et je crois que toute personne a le droit de défendre sa réputation. J'ai accepté sa démission plus tôt aujourd'hui, et j'assurerai une transition rapide et ordonnée », a-t-il ajouté dans un communiqué succinct.

Plus tôt dans la journée, le président Trump, par la voix de sa porte-parole Sarah Huckabee Sanders, disait avoir « pleinement confiance en les capacités et l'efficacité » de M. Porter.

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