Retour

Un projet de loi conservateur mort au feuilleton... maintenant prioritaire

Le Parti conservateur promet, s'il forme le prochain gouvernement, de réintroduire son projet de loi éliminant la possibilité de libération conditionnelle pour les criminels reconnus coupables d'un meurtre prémédité associé à certains crimes. Stephen Harper a fait cette annonce dans un point de presse parfois mouvementé, à Mississauga, mardi.

D'abord déposé en mars dernier, ce projet de loi avait passé l'étape de la première lecture, mais est mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Les conservateurs veulent en faire une priorité d'un éventuel nouveau mandat.

Le journaliste de Radio-Canada a demandé pourquoi les conservateurs n'avaient pas profité de leur majorité parlementaire pour adopter ce projet de loi, une promesse datant du discours du Trône de 2013. M. Harper est resté évasif. « Je peux noter que ce gouvernement a adopté littéralement des dizaines de projets de loi sur la justice criminelle, a-t-il répondu. C'est une de nos actions un peu plus récentes que les autres. »

« Nous avons fait beaucoup, la grande majorité. C'est un projet de loi récent, maintenant c'est top of the list. C'est notre priorité numéro un maintenant, pour les prochaines étapes », a assuré le chef conservateur.

Un meurtre accompagné d'une agression sexuelle, d'un enlèvement, d'une séquestration ou associé à des activités terroristes entrerait dans la catégorie excluant toute libération conditionnelle avant 35 ans, de même que les meurtres prémédités de policiers ou d'agents correctionnels. Après 35 ans, une libération pourrait être accordée dans des cas exceptionnels, à la discrétion du ministre de la Justice.

À l'heure actuelle, le Code criminel prévoit qu'une libération conditionnelle ne peut être accordée avant 25 ans dans les cas de meurtre prémédité.

Stephen Harper réservait des pointes à ses adversaires néo-démocrate et libéral. Le chef conservateur a affirmé que le chef du NPD Thomas Mulcair accordait trop d'importance aux « soi-disant droits des criminels » au détriment de ceux des victimes. Quant au chef libéral Justin Trudeau, encore une fois appelé « Justin », il l'a accusé de vouloir « permettre la vente de marijuana à l'épicerie du coin ».

Le chef conservateur a lancé une mise en garde aux électeurs, affirmant que les néo-démocrates et les libéraux « déferont tout ce qu'on a accompli ensemble ».

Notons toutefois que Justin Trudeau n'avait pas fermé complètement la porte à l'idée d'éliminer les libérations conditionnelles dans certains cas. L'hiver dernier, il donnait notamment les exemples de Paul Bernardo et de Clifford Olson. « Le Parti libéral et les Canadiens s'attendent à ce que quelqu'un qui est condamné pour un crime sérieux ait des conséquences sérieuses », avait-il déclaré.

Mardi, le chef libéral a rappelé qu'en tant que père de famille, il souhaitait des communautés sécuritaires. « La réalité, c'est que des propositions comme ça, nous allons les regarder et les débattre en temps et lieu », a-t-il précisé.

« C'est certain aussi que M. Harper est en train d'essayer tout simplement de distraire de ce qui se passe dans un procès à Ottawa présentement, et aussi de distraire du fait qu'il n'a aucun plan pour l'économie », a lancé M. Trudeau.

Quant à Thomas Mulcair, il avait accusé les conservateurs d'inventer un problème qui n'existe pas, rappelant les dispositions déjà existantes dans le Code criminel concernant les délinquants dangereux.

Pour voir ce graphique sur l'indice de gravité des crimes sur votre appareil mobile, cliquez ici.

D'autres questions sur l'affaire Wright-Duffy

La période de questions qui a suivi le point de presse, dominée encore une fois par l'affaire Duffy-Wright, a donné lieu à certains débordements. Des partisans conservateurs ont notamment invectivé les journalistes, leur demandant de cesser de poser des questions là-dessus.

Stephen Harper a répété le même message qu'au cours des derniers jours, soit que les personnes impliquées étaient maintenant tenues responsables devant la justice. Il a refusé de parler des sentiments que cette affaire pourrait lui avoir inspirés.

« Le rôle d'un leader n'est pas d'exprimer ses émotions, mais de prendre des décisions, a répondu le chef conservateur. Ma position est claire au sujet de M. Duffy : lorsque j'ai su qu'il avait réclamé des dépenses pour des voyages qu'il n'avait pas faits, j'ai dit que c'était inacceptable et qu'il devrait les rembourser. »

Enfin, appelé à commenter la possibilité d'une coalition en cas de gouvernement minoritaire, M. Harper a appelé tous les candidats à reconnaître le résultat tel qu'il sera. « Si nous avons l'honneur de gagner, nous acceptons le mandat que nous confie la population et nous travaillons en conséquence », a résumé Stephen Harper.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Le Sagittaire: le signe le plus chanceux?





Rabais de la semaine