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Un projet de voie de contournement divise Varennes

L'intention du maire de Varennes de construire une voie de contournement pour améliorer la circulation des poids lourds divise ses concitoyens. D'autant plus que l'ouverture prochaine d'un centre de traitement des matières organiques par biométhanisation dans la zone industrielle devrait entraîner une hausse d'un trafic déjà considérable.

Un reportage de Mélissa François

La municipalité de Varennes, dans la couronne sud de Montréal, est située entre deux artères majeures : l'autoroute 30 et la route 132.

Depuis des années, la Ville tente de trouver une solution afin que les camionneurs qui doivent se rendre dans le secteur industriel ne passent plus par le centre-ville ni par la montée de Picardie, en pleine zone résidentielle, à partir de l'autoroute 30. 

La Ville leur propose plutôt, avec sa voie de contournement, de faire un détour de 13 kilomètres à partir de la 30. Ils passeront dorénavant par la montée de la Baronnie pour atteindre la zone industrielle. La construction de cette voie coûtera quelque 6 millions de dollars.

Des citoyens qui résident à l'intersection de la route 132 et de la future voie de contournement contestent le projet du maire Martin Damphousse. Ils craignent pour leur quiétude, pour leur sécurité et aussi pour celle des cyclistes, puisque la voie de contournement passe par la Route verte.

« Le danger, ce n'est pas de refaire la route. Le danger, c'est de mettre des milliers de camions à côté des cyclistes... le danger, c'est d'ajouter 13 km avec toutes les conséquences. Le danger, c'est de faire souffrir la sécurité des citoyens », estime Thierry Hamptiaux, membre d'un groupe citoyen qui souhaite que les élus fassent passer les camions ailleurs.

Thierry Hamptiaux et des membres de son groupe ont aussi proposé une solution de rechange : un tracé qui passerait par des terres agricoles pour rejoindre l'autoroute 30 par la montée de Picardie.

« La dernière étude démontre que sur la montée de Picardie, la circulation est passée de 2000 véhicules par jour à 8200! », rétorque le maire de Varennes, Martin Damphousse, à cette suggestion.

Pour tous les autres citoyens comme Benoît Duval qui verront ces camions disparaître de leur voisinage, la voie de contournement est une bonne nouvelle.

« On dit enfin, le camionnage s'est accru énormément, surtout que c'est du camionnage qui vient en grande partie du parc chimique, donc on transporte plein de matières dangereuses », souligne-t-il.

Les camionneurs ont aussi des réserves

L'Association du camionnage du Québec n'est pas convaincue des avantages du projet de voie de contournement de Varennes, car la montée de la Baronnie est fréquemment utilisée par les conducteurs de machinerie agricole.

« La position que nous avons prise, c'est que rien ne justifie un détour de 13 km. La montée de la Picardie et les représentations du maire Damphousse n'ont jamais démontré qu'il y avait un problème au niveau accidentogène », souligne son président Marc Cadieux.

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