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Un rail défectueux mal inspecté responsable du deuxième déraillement à Gogama

Le Bureau de sécurité des transports du Canada (BST) rapporte jeudi que la cause du deuxième déraillement du Canadien National (CN) en 2015 près de Gogama, dans le Nord de l'Ontario, est le bris d'un rail. Il avait été récemment restauré, mais le contremaître n'a pas repéré les fissures.

Un texte de Natacha Lavigne

Ce rapport survient après une enquête sur le déraillement d'un train de fret du CN, le 7 mars 2015, comptant 94 wagons-citernes chargés de pétrole brut.

Jusqu'alors, on avait déterminé qu'un total de 29 wagons-citernes ont déraillé ce jour-là, rejetant environ 1,7 million de litres de produit.

Or, les conclusions du BST d'août 2017 indiquent plutôt que 39 wagons ont subi des brèches provoquant le déversement d'environ 2,6 millions de litres de pétrole brut.

Manque de formation

Le BST révèle que trois jours avant l’accident ferroviaire, un contremaître des patrouilles hivernales a réparé une rupture en installant un rail de raccord.

Il a inspecté les abouts de rail exposés et n’a constaté aucune anomalie.

Toutefois, aucun essai par ressuage - une méthode permettant de détecter la présence de fissures invisibles à l’oeil nu - n’a été fait.

« L’employé connaissait l’essai par ressuage, mais ne l’avait jamais accompli ni observé au cours de son travail », soulève le rapport.

Par conséquent, une fissure verticale du champignon n’a pas été remarquée et est demeurée dans le rail après la réparation.

De plus, la transition entre les abouts de rail était abrupte en raison des travaux, laissant percevoir un cran entre les deux champignons du rail de raccord.

Le CN aurait dû imposer une limite de vitesse inférieure en raison de l’état des travaux pour que les trains circulent moins vite à cet endroit, « mais ça n’a pas été le cas », conclut le BST.

« Les employés n'avaient aucune consigne relativement au meulage du champignon des rails et il n'y avait aucune liste de vérification décrivant les étapes à suivre pour effectuer ces réparations », informe Sylvie Dionne, gestionnaire de l'analyse du matériel et des structures pour le BST.

Recommandations

L’agence fédérale demande à Transports Canada de se doter d’une meilleure technologie pour détecter les défauts sur les surfaces des rails.

Mme Dionne affirme qu’en ce moment le fédéral établit les risques de manière réactive, en se basant sur les accidents du passé plutôt que de les prévenir.

Même son de cloche chez la présidente du BST, Kathy Fox, qui demande une meilleure cohésion au sein de Transports Canada et des compagnies ferroviaires.

« Transports Canada doit demander aux compagnies ferroviaires de soumettre les données [sur l'état des rails] qu'elles collectent déjà », réitère-t-elle.

Réponse du Canadien National

La compagnie ferroviaire affirme tirer « une leçon de chaque incident » et qu’elle présente ses excuses aux résidents de Gogama ainsi qu’à la Première Nation de Mattagami.

« Après les incidents survenus en 2015, le CN a pris des mesures concrètes pour renforcer la sécurité dans le Nord de l’Ontario et dans l’ensemble de son réseau, notamment en instaurant des normes techniques plus rigoureuses pour la réparation et l’inspection des rails et en améliorant les processus d’entretien de la voie ainsi que la formation théorique et pratique donnée au personnel d’entretien de la voie », indique le porte-parole Patrick Waldron, par courriel.

Il ajoute que près de 450 superviseurs et membres du personnel d’entretien de la voie ont suivi des formations pour accroître leurs connaissances.

Le CN dit s’engager à assurer le nettoyage de la rivière Makami et des environs, en plus de continuer à surveiller l’état des lieux « pendant plusieurs années ».

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