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Un recours collectif déposé au nom d'anciens patients « d'hôpitaux indiens »

Deux cabinets d'avocats canadiens ont intenté un recours collectif de 1,1 milliard de dollars au nom d'anciens patients d'« hôpitaux indiens », administrés par le gouvernement du Canada. Ce système de soins de santé, qui a duré pendant des décennies, est entaché par des allégations de maltraitance et d'abus, a appris CBC News.

La poursuite vise 29 hôpitaux à travers le pays qui étaient sous la gestion d'Ottawa entre 1945 et le début des années 1980. Selon des chercheurs, des milliers de patients ont été admis dans ces établissements.

« Les installations étaient surpeuplées, et le personnel était insuffisant, affirme la déclaration des avocats. Les patients autochtones étaient détenus de force et isolés. »

La déclaration allègue également une défaillance systémique qui a crée un environnement malfaisant dans lequel la violence physique et sexuelle était bien présente.

La représentante des demandeurs, Ann Hardy, déclare être une des nombreuses victimes de la violence de ces hôpitaux réservées aux « Indiens ».

Lorsqu'elle était enfant, elle a été amenée à l’Hôpital pour « indiens »Charles Camsell, en 1969, au sud d’Edmonton, pour traiter sa tuberculose, alors qu'elle vivait à Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest.

CBC News a appris que les hôpitaux indiens employaient un système de soins de santé où régnait la ségrégation.

« C'était terrifiant »

Ann Hardy avance que lors de séance de radiographies mensuelles, elle ainsi que d’autres patientes se faisaient tripoter par des techniciens.

« C’était ça obtenir une radiographie à l’Hôpital pour « indiens » Charles Camsell », explique la femme de 59 ans. Elle affirme qu’un infirmier venait souvent la visiter pour lui apporter des cadeaux.

Le personnel de l’hôpital aurait même eu des relations sexuelles avec une de ses colocataires, une préadolescente. « J’entendais tout ce qui se passait », dit Mme Hardy.

Sa colocataire pensait que l’homme était son petit ami. « Ma colocataire me disait que c’est ce que les gens font quand ils s’aiment », se désole Ann Hardy.

Réponse du gouvernement

Le recours collectif a été déposé le 25 janvier à Toronto. Il demande un dédommagement pour négligence, manquement à une obligation, mais aussi pour des mesures punitives employées.

Selon Jonathan Ptak, un avocat du cabinet torontois Koskie Minsky LLP, qui a intenté le procès en collaboration avec le cabinet d'avocats Masuch Albert LLP de Sherwood Park de l’Alberta, les abus physiques et sexuels présumés constituaient un « traitement horrible ».

« Ces incidents ne se produisaient pas dans les hôpitaux pour les patients non autochtones », ajoute-t-il.

Dans un communiqué, le bureau de Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, a mentionné que le gouvernement fédéral « respecte » la décision des plaignants. Le gouvernement a par ailleurs précisé que « le Canada croit que la meilleure façon de régler les problèmes est par la négociation et le dialogue plutôt que par le contentieux. »

Ottawa n’a toutefois pas encore certifié le recours collectif.

Ann Hardy rappelle que, comme de nombreux anciens patients, elle se retrouve avec de nombreux traumatismes. « Mon traitement pour la tuberculose est peut-être terminé, mais je suis toujours aux prises avec des séquelles de l’Hôpital Charles Camsell », conclut-elle.

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