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Un robot pour retrouver le bien-être de marcher

Les robots commencent à prendre une place importante dans l'arsenal de thérapies qu'utilise maintenant la médecine pour soigner certaines maladies qui limitent les mouvements du corps. Bien qu'encore peu accessible, la robothérapie permet d'améliorer sensiblement la condition des personnes atteintes de ce type d'affections.

Un texte de Vincent Maisonneuve

On offre ce type de traitement au centre de réadaptation Marie-Enfant de l'hôpital Sainte-Justine, mais il est réservé à la pédiatrie. Pour les adultes, il faut se rabattre sur le privé, comme chez Neuro-Concept, située dans l'arrondissement Verdun, à Montréal, qui est la première clinique au Québec à offrir une thérapie robotisée élaborée. Trente minutes sur le robot y coûtent 70 $.

Stephanie Chipeur a une lésion médullaire et est quadriplégique. Trois fois par semaine, elle vient s'entraîner sur les robots de Neuro-Concept.

Avant le début de l'entraînement, la thérapeute et cofondatrice de la clinique, Cindy Gauthier, étire les muscles des jambes de Stephanie. « Comme ses jambes sont très raides, on les étire un peu avant pour que ses muscles soient un peu plus relâchés. La marche sera plus fluide et plus agréable », dit la thérapeute.

Stephanie peut rouler jusqu'au robot grâce à une plateforme rétractable. Une fois en place, la thérapeute suspend le haut de son corps à un harnais et attache ses pieds aux étriers. Le robot soulève alors Stephanie, ce qui permet à ses pieds de s'activer. Le robot fera marcher Stephanie pendant les 30 prochaines minutes.

Des électrodes pour stimuler les muscles

Alors que le robot fait bouger les jambes, des électrodes fixées aux cuisses contractent les quadriceps et font travailler les muscles, comme si Stephanie marchait réellement.

« Quand on est paralysé, il y a de la graisse qui va se déposer dans les fibres musculaires. Les électrodes permettent de garder les muscles sains et réduisent les risques de maladies cardiovasculaires », indique Cindy Gauthier.

La thérapie prévient les plaies, améliore la circulation sanguine et la digestion, en plus de réduire les risques d'ostéoporose.

Un outil de prévention

La thérapeute souligne que « dans le cas de Stephanie, le traitement ne vise pas à l'entraîner à la marche, car il n'y a pas de possibilité de retour à la marche. C'est vraiment pour réduire tous les effets secondaires du fait d'être toujours assis dans un fauteuil ».

La thérapeute et autre associée de la clinique, Murielle Grangeon, souligne qu'en 30 minutes, Stephanie « fait entre 1200 et 2000 pas. Si on voulait faire la même chose avec des physios, il en faudrait trois pour la tenir et elle ne ferait pas autant de pas en 30 minutes », souligne-t-elle.

La thérapeute Cindy Gauthier explique en quoi consiste une robothérapie en prenant le cas de sa patiente, Stephanie Chipeur.

Pour voir cette vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Ralentir la progression de la sclérose en plaques

Les deux cofondatrices expliquent que ce genre de thérapie peut également aider les personnes atteintes de maladies neurologiques, comme la sclérose en plaques. Murielle Grangeon donne l'exemple de Francine Deshaies. Il y a quelques mois, elle ne pouvait pratiquement plus marcher. Elle marche maintenant avec une marchette.

« La seule manière de refaire mes muscles, c'était le robot », indique Mme Deshaies.

Le traitement l'a également aidée à freiner ses problèmes d'ostéoporose.

Francine Deshaies pense qu'elle pourra se remettre à la marche à l'extérieur cet été.

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