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Un sit-in pour empêcher l'installation de boîtes postales

Une résidente de Pierrefonds a pris les grands moyens pour empêcher Postes Canada d'installer une boîte postale communautaire devant sa demeure : elle fait un sit-in sur le chantier ce week-end, faisant obstacle aux ouvriers. Elle dénonce le traitement dont elle dit être victime de la part de la société d'État.

Son geste n'est pas sans rappeler le coup d'éclat du maire de Montréal, Denis Coderre, qui a fait littéralement voler en éclats - devant les caméras - une dalle de béton que Postes Canada avait fait couler dans un parc municipal de Pierrefonds-Roxboro, en vue de l'installation de boîtes postales.

Claire-Marie Gagnon - qui assure cependant ne pas s'être inspirée de Denis Coderre - a soutenu que Postes Canada avait d'abord creusé un trou sur un premier emplacement devant sa demeure, un aménagement qu'elle avait accepté à contrecœur en début d'été.

Mais la société des postes avait ensuite opté pour un second emplacement et commencé à exécuter les travaux. Or, selon Mme Gagnon, ce deuxième emplacement est dangereux et inadéquat.

« Depuis le début de l'été, on me dit qu'on va remettre les boîtes dans leur premier emplacement. Parce que le deuxième emplacement, je leur ai dit qu'il n'était pas sécuritaire. Il est situé dans un coin de rue où les autobus scolaires s'arrêtent. C'est très dangereux. Il n'y a pas de trottoir, c'est une bordure. »

Elle dit avoir eu l'assurance de Postes Canada que les boîtes postales seraient finalement aménagées sur le premier emplacement. Or, samedi dernier, des ouvriers sont venus devant chez elle pour finaliser les travaux sur le deuxième emplacement, allant à l'encontre de tout ce qui lui avait été promis.

Elle s'inquiète également que les dommages causés à son terrain ne soient pas réparés.

Samedi dernier, elle a donc fait un sit-in sur le chantier, espérant empêcher les ouvriers de terminer le travail. Les policiers sont finalement intervenus pour permettre la poursuite des travaux, un moment capté sur vidéo par des résidents du secteur. Devant l'insistance des agents, Mme Gagnon a quitté les lieux.

Postes Canada assure qu'elle collabore pour régler la situation

Postes Canada assure que l'emplacement des boîtes postales sera changé s'il ne plaît pas aux gens du quartier.

« Les gens en général sont très collaboratifs. Seulement dans le West Island, on a modifié près de 25 % de nos sites à la suite de la rétroaction des citoyens », affirme Anick Losier, porte-parole de Postes Canada.

« Avec Mme Gagnon, on va trouver une solution. Si elle n'est pas contente du site qui a été proposé, on va continuer de discuter avec elle. Si on avait déjà coupé un peu, débuté l'installation, on va la terminer pour débuter la livraison du courrier. Mais tout changement qui a été fait à sa propriété, on va le restaurer dans son état original. Et on va trouver un site accessible à tous, central, pour tous les résidents que ça va desservir », poursuit-elle.

Coderre désapprouve le geste

Le maire de Montréal n'appuie pas un geste comme celui de Mme Gagnon, même s'il est intervenu lui-même de façon éclatante pour faire enlever une dalle de Postes Canada. Selon lui, son geste posé en tant que maire était « politique », et avait pour but d'« envoyer un message » à Postes Canada et aux élus, dit-il. Il avait affirmé la semaine dernière qu'il désapprouvait la désobéissance civile.

« C'est un cas qui est arrivé. On a vu que [les policiers] ont fait ça avec respect et dans l'ordre. Je salue les policiers, la façon dont ils ont fait ça », a dit le maire, lundi après-midi, en réponse à une question concernant le geste de Mme Gagnon.

Le maire demande aux citoyens de plutôt interpeller leurs élus. « La chose qu'on doit faire, les citoyens, c'est que tout le monde interpelle les candidats, les partis. Qu'est-ce qu'on veut faire avec Postes Canada? » dit-il.

Le maire de Montréal fait partie des nombreux élus qui ont dénoncé la fin de la livraison du courrier à domicile dans de nombreuses localités et son remplacement par des boîtes postales communautaires. La façon avec laquelle la société d'État procède pour installer ces boîtes est aussi critiquée.

Poursuite judiciaire de Postes Canada contre Denis Coderre?

Par ailleurs, la société d'État se montre très prudente concernant les suites qu'elle pourrait donner au geste illégal posé par le maire de Montréal jeudi. Malgré nos questions insistantes, la porte-parole de Postes Canada n'a pas voulu dire si une plainte sera ou non déposée contre Denis Coderre.

« Notre préoccupation, c'est d'assurer une transition harmonieuse pour les citoyens concernés », affirme la porte-parole Anick Losier.

Postes Canada se contente de mentionner qu'elle a trouvé un nouveau site temporaire pour la boîte postale controversée dans le parc éconature l'Anse-à-l'Orme, dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro. Elle a été déménagée sur la rue Angers, à l'intersection du boulevard Gouin.

Postes Canada assure travailler de concert avec les municipalités. Sa porte-parole indique toutefois que les changements doivent être apportés rapidement. « La chute de la poste fait très mal à Postes Canada, qui compose encore 50 % de nos revenus. Si on ne fait rien, on va se retrouver dans un gouffre financier qu'on ne sera capable de récupérer. »

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