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Un soldat israélien reconnu coupable de l'homicide d'un Palestinien

Un soldat israélien qui était accusé d'avoir abattu par balle un Palestinien blessé en Cisjordanie vient d'être déclaré coupable d'homicide involontaire par un tribunal militaire. Elor Azaria, un conscrit qui possède la double nationalité franco-israélienne, risque 20 ans de prison, mais sa peine sera vraisemblablement beaucoup plus légère.

En mars dernier, le soldat, alors âgé de 19 ans, avait tiré une balle dans la tête d'un Palestinien qui gisait au sol, et qui était apparemment hors d'état de nuire après avoir attaqué au couteau des militaires israéliens.

Le soldat avait été filmé dans une vidéo, qui avait ensuite embrasé les réseaux sociaux.

Peu après les faits, plusieurs ministres d'extrême droite avaient mis en garde Benyamin Nétanyahou contre un « procès spectacle ». Le premier ministre avait quant à lui téléphoné à la famille du soldat pour lui faire part de sa compréhension et l'assurer qu'il serait traité équitablement.

Une accusation d'assassinat devait être déposée contre lui, mais la poursuite avait finalement opté pour une accusation réduite d'homicide involontaire.

Ses avocats ont néanmoins l'intention de porter sa condamnation en appel.

Un jugement lapidaire

La cour martiale n'a pas retenu la légitime défense invoquée par les avocats d'Azaria.

Selon le long verdict, dont la lecture a duré deux heures et demie, Azaria a agi pour venger l'un de ses camarades blessés par l'agresseur, Abdel Fattah Al-Sharif. « Il mérite la mort », aurait-il déclaré à un autre soldat.

On ne peut pas recourir à la force de cette façon, même s'il s'agit de la vie d'un ennemi. Nous condamnons l'accusé à l'unanimité pour homicide et insubordination.

Extrait du jugement

Il est le premier membre de Tsahal [l'armée israélienne, NDLR] à être condamné pour usage illégal de la force depuis le début de l'« intifada des couteaux ».

Son procès a profondément divisé l'opinion publique, certains plaidant pour le strict respect par l'armée des valeurs éthiques, tandis que d'autres invoquaient le soutien aux soldats confrontés aux attaques palestiniennes.

D'ailleurs, une manifestation de soutien à laquelle ont participé plusieurs centaines de personnes d'extrême droite a eu lieu devant la base militaire de Tel-Aviv où le verdict a été prononcé. Des heurts ont éclaté.

L'événement s'était déroulé en mars à Hébron, en Cisjordanie, où la coexistence entre les Palestiniens et une poignée de colons juifs est particulièrement tendue.

La sentence du sergent Elor Azaria ne sera annoncée que dans une dizaine de jours, et le débat portera d'ici là sur la clémence dont il pourrait profiter. Quelques minutes seulement après l'annonce de la décision, plusieurs politiciens de premier plan, dont le premier ministre Nétanyahou, demandaient déjà au président Reuven Rivlin, dont le poste est essentiellement cérémonial, de le gracier.

Le chef de l'État hébreu a indiqué qu'il attendra la fin des procédures judiciaires avant de prendre une décision.

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