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Un sondage montre que les cyclistes canadiens ont mauvaise presse

Un sondage d'opinion publique de l'Institut Angus Reid révèle que parmi les villes canadiennes, Winnipeg a l'un des taux les plus élevés de conflits entre les conducteurs et les cyclistes. Le sondage indique également qu'une nette majorité des gens pensent que ce serait une bonne idée de séparer les cyclistes des automobilistes sur la route.

Les chiffres de l'Institut Angus Reid montrent que seuls 7 % des Canadiens interrogés utilisent leur vélo plusieurs fois par semaine, 16 % empruntent le transport en commun et 78 % conduisent leur véhicule, plusieurs fois par semaine.

La plupart des Canadiens (60 %) disent ne pas observer de conflits entre les automobilistes et les cyclistes. En revanche, 24 % d'entre eux disent au contraire voir des conflits et estiment que les cyclistes en sont responsables. Pour 16 % des Canadiens qui disent avoir été témoins de conflits, ce sont les automobilistes qui sont responsables.

Selon la firme de sondage, bien que la plupart des Canadiens affirment qu'il n'y a pas beaucoup de conflits entre les cyclistes et les automobilistes dans les villes où ils habitent, les personnes qui ont été témoins d'affrontements entre les deux groupes ont tendance à diriger leurs reproches vers ceux qui circulent sur deux roues plutôt que sur quatre.

Les résidents des grands centres urbains risquent davantage de vivre un conflit sur la route. Selon l'Institut Angus Reid, 43 % des résidents des zones urbaines disent avoir vécu des conflits alors que 57 % qui disent ne pas en avoir connu.

La majorité des résidents des régions métropolitaines de Vancouver, Winnipeg et Halifax affirment qu'il y a beaucoup de conflits entre les cyclistes et les automobilistes dans leur région, tout comme six résidents sur dix dans la région métropolitaine de Toronto. Ce n'est que dans la banlieue de Toronto que la perception des conflits est inférieure à la moyenne nationale.

En se penchant sur les réponses de ceux qui disent observer des querelles entre les automobilistes et les cyclistes où ils habitent, il apparaît que dans la plupart des zones urbaines, ceux qui perçoivent un conflit sont enclins à blâmer les cyclistes. Les exceptions notables sont à Winnipeg et Halifax, où les réponses sont réparties de façon plus égale.

« D'habitude, dans les villes où l'on rencontre le plus d'automobilistes, nous avons plus de chance de voir des conducteurs qui vous disent : "Ce n'est pas de notre faute" », note Sachi Kurl, le directeur de la firme de sondage, Angus Reid Institute.

Près des deux tiers des 526 Winnipégois interrogés ont ainsi déclaré qu'il y avait « bon nombre de conflits » entre les conducteurs et les cyclistes, et 52 % d'entre eux attribuaient la responsabilité à ceux qui se déplaçaient à vélo.

« Je pense que nous avons beaucoup plus de conducteurs impatients », a déclaré Doug Foster, 56 ans, un conducteur de voiture et de camion de longue date. Il dit que les seuls moments où il est sur deux roues, c'est lorsqu'il se déplace en moto.

« C'est très simple, beaucoup de gens ne font pas attention, ça vaut pour les cyclistes et les automobilistes », a-t-il indiqué.

Brenda Saunders utilise son vélo comme principal moyen de transport depuis 20 ans. Elle dit que les conducteurs ont généralement tort.

« Je pourrais aussi dire l'inverse, parce que j'ai vu des cyclistes se comporter très mal sur la route, mais je suis aussi d'accord pour reconnaître que les automobilistes n'aiment pas trop les cyclistes », analyse-t-elle.

Elle dit avoir déjà été la victime de cas de rage au volant.

« Un motocycliste a déjà crié après moi une fois, il a menacé de me repousser, et c'est arrivé avec quelques automobilistes également », a-t-elle dit.

Trop de pistes cyclables?

Lorsque l'on demande aux Canadiens leur avis sur les pistes cyclables, ils se montrent encore une fois divisés.

Dans les régions métropolitaines de Calgary et Edmonton, les répondants sont plus susceptibles de dire qu'il y a trop de pistes cyclables plutôt que pas assez. Les résidants de la région métropolitaine de Vancouver sont divisés, tandis qu'à Winnipeg, les gens souhaitent en voir davantage.

« Les villes canadiennes vivent le changement le plus important des 100 dernières années relativement au partage de la route entre les différents moyens de transport », a déclaré Sachi Kurl.

« Les vélos ne sont pas une nouveauté, mais que les urbanistes persistent à encourager davantage de circulation sur les routes, ça, c'est une façon de faire relativement nouvelle, qui nécessite un changement d'état d'esprit et qui, je pense, sera générationnel ».

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