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Un superviseur de Postes Canada enfreint le code de conduite et revient au travail

Des employés de Postes Canada, à Edmonton, sont choqués qu'un superviseur qui avait enfreint le code de conduite en matière de respect ait pu continuer à travailler pendant plusieurs mois avec les plaignantes, avant qu'il soit reconnu responsable de harcèlement sexuel après deux nouvelles plaintes.

Quand son superviseur au centre de tri du courrier d’Edmonton a fait des commentaires sur son apparence, Jessica a d’abord cru qu’il essayait d’être amical, mais, avec le temps, les remarques ont pris une connotation sexuelle de plus en plus marquée.

« Le superviseur me disait des choses à caractère sexuel, des commentaires sexuels sur ce qu’il voulait me faire », se souvient Jessica. « Cela m'a mise très mal à l’aise. Je me sentais comme un objet sexuel. Je ne voulais plus aller travailler. »

Jessica et cinq autres employées ont reçu l’aide de leur syndicat pour déposer des plaintes contre ce superviseur. Quatre plaintes ont été soumises en mars 2017, et deux autres, en décembre.

Deux de ces femmes ont raconté leur histoire à Radio-Canada, qui a décidé de publier leur témoignage en masquant leur véritable identité sous des pseudonymes, Jessica et Hannah.

Elles ont signé une entente de confidentialité lors de l’enquête et pourraient perdre leur emploi pour avoir témoigné publiquement.

Propositions sexuelles

Hannah affirme que le superviseur a fait des allusions de nature sexuelle et des propositions sexuelles.

Les deux femmes affirment avoir dénoncé son comportement auprès de leurs gestionnaires à plusieurs reprises.

« Ils m’ont fait culpabiliser d’en avoir parlé et ils ont fermé les yeux », dit Jessica. « Rien n’a été fait, le comportement a continué. »

Quatre plaintes

L’enquête interne qui a suivi les quatre plaintes déposées en mars 2017 contre ce superviseur n’a pas conclu qu'il y avait eu harcèlement sexuel, mais a quand même validé une partie de ce qui avait été dénoncé par les plaignantes.

L’enquêteur a conclu que le superviseur avait enfreint les obligations du code de conduite interne, notamment en ne s'assurant pas que ses subordonnées étaient traitées avec respect.

De retour au travail

Le superviseur a ensuite pu reprendre son travail avec les femmes qui l’avaient dénoncé. Jessica assure que l’atmosphère de travail a continué de se détériorer après cette première plainte. « Ça générait beaucoup d’anxiété, de stress. Je ne dormais plus. »

En décembre, deux nouvelles plaintes ont donné lieu à une seconde enquête interne, qui a reconnu le même superviseur responsable de harcèlement de nature sexuelle. Son comportement était « répétitif, persistant, de nature à importuner et à caractère sexuel », peut-on lire dans le rapport d’enquête.

Dans une réponse écrite aux questions de Radio-Canada, Postes Canada assure qu’aucune forme de violence ou d’intimidation n’est tolérée au sein de son personnel.

Dans cette affaire particulière, « les plaintes ont été prises au sérieux, une enquête a été déclenchée, et des mesures ont été prises pour régler la situation », répond une représentante de l’entreprise dans un courriel.

Postes Canada refuse d’entrer dans les détails « pour respecter la confidentialité de l’enquête » et ne précise pas la nature des décisions prises, ni si l’homme a fait l’objet de sanctions.

Hannah et Jessica disent ne plus l’avoir vu au travail depuis décembre. Les deux victimes ne comprennent pas qu'il ait pu reprendre son travail après la première enquête. « J’étais consternée par le fait qu’ils étaient d’accord sur ce qui s’était passé, qu’ils me croyaient, mais qu’ils l’ont laissé travailler là », dit Hannah.

La présidente de la section d’Edmonton du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Nancy Dodsworth, juge que cette décision « envoie un très mauvais message à ceux qui intimident et qui harcèlent ».

Hannah juge que Postes Canada n’a pas créé un environnement de travail sain et que la société devrait le reconnaître.

Les deux femmes disent qu’elles ont accepté de témoigner dans l’espoir de susciter des améliorations. « J’espère changer l’état d’esprit au travail », dit Jessica. « Je veux aller travailler sans avoir le stress de me demander ce qui va se passer aujourd’hui. »

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