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Une application pour mieux comprendre les personnes atteintes de maladies mentales

Difficile d'imaginer les voix qu'entendent dans leur tête les personnes atteintes de maladies mentales, et c'est dans le but d'aider les policiers qui interagissent avec des gens en situation de crise qu'une entreprise de Winnipeg vient de créer une application mobile qui simule des hallucinations auditives.

« C'est révolutionnaire », affirme Julio Berzenji, formateur au service de police de Winnipeg.

Il dit que les policiers peuvent maintenant apprendre rapidement ce qui aurait pris des mois ou des années à apprendre par sur le terrain, au gré des expériences.

« Quand un policier participe à ce type de formation et qu'il entend ces voix, il comprend beaucoup de choses », affirme-t-il.

Une enquête de CBC a révélé que, depuis l’an 2000, 70 % des personnes tuées par la police avaient des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie.

SetCan, une entreprise de Winnipeg qui fabrique des produits de formation inspirés de la vie réelle pour les forces policières et militaires, a créé SimVoice.

Le programme est simple. Un agent porte un casque sans fil connecté à l'application qui fonctionne sur un appareil mobile. Un certain nombre de scénarios sont préprogrammés. La personne qui porte les écouteurs entend des voix et est armée d’un couteau, d’un pistolet ou d’un bâton.

Pendant que des policiers tentent de désamorcer la situation, celui qui entend la voix doit se conformer à ce qui est dit.

Le formateur peut rendre les choses plus faciles ou plus difficiles, selon la manière dont les policiers réagissent.

L’expérience est discordante pour la personne qui porte les écouteurs.

« C'était très, très difficile parce qu'il y a tellement de voix différentes qui arrivent à différents tons, à différents niveaux, et qui me disent de faire des choses qui sont contradictoires avec ce que l'agent me disait de faire », affirme Justin Casavant, un policier qui a 15 ans d’expérience.

Pour reproduire la sensation des hallucinations auditives, Jonathan Wilson de SetCan a lu des revues médicales et des blogues sur la santé mentale.

« J’ai fait beaucoup de recherche pour comprendre ce que les gens qui souffrent de problèmes de santé mentale entendent et subissent », ajoute le créateur de l’application.

L’entreprise espère que sa création permettra aux policiers de mieux comprendre ce que vivent les personnes atteintes de maladies mentales afin de mieux intervenir.

La police de Winnipeg est la première force policière à utiliser cette application, mais une centaine d’autres corps policiers ont manifesté leur intérêt.

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