Retour

Une armée d'assureurs au travail à Fort McMurray

Le retour de dizaines de milliers d'évacués à Fort McMurray, une ville qui porte les traces du passage d'un immense feu de forêt il y a un mois, représente tout un défi pour les assureurs. Environ 1500 de leurs employés sont sur place pour les aider.

« Vous ne pouvez probablement pas tourner un coin de rue sans voir un membre du personnel d'une compagnie d'assurance », remarque Pete Karageorgos, directeur des relations avec l'industrie et les consommateurs pour le Bureau d'assurance du Canada.

Vel Murugan, un résident de la région, a de la chance : sa maison n'a subi que des dommages mineurs. Sa compagnie d'assurance a envoyé quelqu'un pour inspecter les dégâts dès le lendemain de son retour à Fort McMurray.

Il se dit très heureux du service reçu, tout comme la majorité des clients à qui Radio-Canada a parlé.

Certains comme Michelle Pollock ont eu moins de chance et ont retrouvé une maison plus endommagée. Cette résidente récemment retournée à Fort McMurray dit ne pas savoir comment ses assurances couvriront les dégâts.

« Quand on pense à une assurance, on ne s'attend jamais à ce qu'un mur de feu vienne et emporte tout », confie-t-elle.

Inspecteurs débordés

Les premiers jours de retour à Fort McMurray ont été éreintants pour les centaines d'employés de compagnies d'assurance.

« Ça a été très, très difficile », raconte Patrick Foisey, un inspecteur et évaluateur qui a déjà aidé les sinistrés d'une douzaine de catastrophes au Canada. « Je fais les inspections initiales, je rencontre les assurés, j'obtiens leurs clés, l'accès à leur propriété, je trouve ce dont ils ont besoin et j'estime les dommages vraiment le plus rapidement possible », explique-t-il.

Des mois pour tout régler

Le temps nécessaire pour finaliser les procédures avec sa compagnie d'assurance variera énormément d'un cas à l'autre, souligne Pete Karageorgos.

Il affirme que certains évacués dont la maison a subi très peu de dommages ont pu tout régler en une seule journée. Pour d'autres, le processus prendra beaucoup plus de temps.

« Spécialement dans les zones où il y a eu beaucoup de destruction, ça prendra du temps parce qu'il faut coordonner avec les municipalités, avec les compagnies d'assurance, avec les autres vendeurs et fournisseurs de services qui vont devoir avoir accès [aux sites] pour nettoyer et ensuite reconstruire. »

Facture record attendue

Pete Karageorgos estime que les coûts pour les assureurs risquent fort bien d'établir de nouveaux records.

Les inondations dans le sud de l'Alberta en 2013 avaient coûté un peu moins de deux milliards de dollars à l'industrie, affirme-t-il.

« Avec cette ampleur et la grande zone touchée par le feu et le nombre de personnes qui ont dû être déplacées et qui ont subi des dommages, probablement que [cette somme] sera surpassée. C'est probable que ça surpasse facilement ce qu'on a vu à Calgary et à High River. »

D'après un reportage de Sylvain Bascaron

Plus d'articles

Commentaires