Une grand-mère d'origine russe, menacée d'expulsion depuis plusieurs mois, pourra finalement rester au Québec. Immigration Canada lui a accordé la résidence permanente, après avoir commis une série d'erreurs dans son dossier de parrainage.

Un texte de François Sanche à La facture

Depuis plus d’un an, Galina Michailov, 77 ans, était menacée de déportation vers Israël. Sa fille, Natalia, était rongée par l’anxiété. « Elle n’a pas de famille là-bas, pas d’amis », expliquait-elle à l’émission La facture l’an dernier.

Pendant cette période d'incertitude, les membres de la famille Keremov ne savaient plus quoi faire pour que Mme Michailov, une microbiologiste retraitée et grand-mère à temps plein, reste avec eux dans leur grande maison à Laval.

De 2012 à 2016, Citoyenneté et Immigration Canada leur a laissé croire par erreur que la demande de parrainage de leur babouchka était toujours en traitement. Il n’en était rien. La demande avait été refusée en 2012 par d’autres agents.

Reprendre tout à zéro

Le fait d’annoncer si tardivement à la famille qu’elle devait reprendre ses démarches avait une grave conséquence : le visa de séjour de la grand-mère arrivait à expiration. Étant donné l’ampleur de l’erreur et l’état de santé de la candidate au parrainage, il était clair pour l’avocat Stéphane Handfield, expert en droit de l’immigration, que le ministère avait le devoir de poser un geste « humanitaire ».

Mais la réponse du ministère a toujours été la même. La famille devait reprendre du début les démarches de parrainage de la grand-maman. Une course contre la montre qu’il était impossible de gagner, étant donné la complexité et la lenteur du système canadien d’immigration.

« Un virage à 180 degrés »

Fin 2015, quelques jours avant l’expiration du visa de séjour de Galina Michailov, nous avons interpellé le nouveau ministre de l’Immigration du gouvernement Trudeau, John MacCallum. Ce dernier a alors lancé un signal à son ministère à propos de ce dossier problématique. « Si c’est la faute du ministère, c’est le ministère qui doit le régler », assurait-il.

Le ministre a finalement été entendu par ses fonctionnaires. Le dossier de Mme Michailov est alors passé en mode prioritaire. En quelques mois, la grand-maman a eu en main sa carte de résidente permanente. Son dossier a cheminé à une vitesse exceptionnelle, au grand soulagement de la famille Keremov.

« C’est un virage à 180 degrés », se réjouit Me Handfield. L’avocat reconnaît que la médiatisation du dossier a pu influencer son issue, mais il tient à rassurer les autres demandeurs qui attendent anxieusement une réponse. « Changement de gouvernement, changement d’attitude. On voit que le gouvernement actuel est beaucoup plus ouvert, beaucoup plus humaniste, et intervient beaucoup plus souvent dans des dossiers comme celui de madame [Michailov] », explique Stéphane Handfield.

Ce n’est pas parce qu’on n’a pas les médias derrière nous dans un combat contre le ministère que c’est voué à l’échec; au contraire. Dans plusieurs cas, ils vont intervenir, et favorablement.

Stéphane Handfield

Aujourd’hui, la famille Keremov n’est plus la même. La grand-mère semble en meilleure forme que l’an dernier. Pour sa fille, Natalia, la vraie vie de famille peut commencer.

Ce qu’on a obtenu, c’est la paix d’esprit. Finalement, on peut respirer! Ouf! C’est fini. On peut juste continuer notre vie comme tout le monde, juste profiter des soirées ensemble.

Natalia

« Vous sentez-vous enfin chez vous, ici? » avons-nous demandé à Mme Michailov. « Da, da [oui, oui] », a-t-elle répondu en souriant.

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