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Une banderole jette un éclairage sur la fusillade de Playa del Carmen

Pendant que les autorités mexicaines enquêtent sur les motifs qui auraient pu pousser le tireur à ouvrir le feu dans un bar de Playa del Carmen, lundi matin, un message a été découvert dans la ville balnéaire. Ce message semble s'adresser à une personne affiliée au festival de musique électronique BPM.

À peine 24 heures après la fusillade qui a coûté la vie au portier torontois Kirk Wilson et à quatre autres personnes au bar Blue Parrot, les autorités ont découvert un message peint à l’aérosol sur une banderole exposée sur une place publique de Playa del Carmen.

Le message en question nomme précisément le festival, fondé et organisé par des Torontois, et quelqu’un qui y est associé.

« C’est pour démontrer que nous sommes ici que Phillip-BPM ne s’est pas retrouvé dans la ligne. Ce n’est que le début et nous allons couper la tête des Golfos, Pelones et Chapulines », déclare le message revendiquant la responsabilité de la fusillade du Blue Parrot. Les menaces sont proférées à l’endroit de gangs et de revendeurs de drogue.

Le message est signé : « El Fayo Z, old school ».

Les autorités mexicaines ont confirmé au réseau anglophone de Radio-Canada (CBC) que la banderole a été trouvée suspendue à Playa del Carmen, mais elles refusent de confirmer, plaidant l’enquête en cours, un lien avec le cartel de la drogue Zetas, bien connu dans cet État mexicain.

CBC a toutefois appris d’une source près des organisateurs du festival BPM, que la fusillade de lundi n’était pas le premier incident violent impliquant ce cartel à être perpétré cette année.

Le cartel Zetas a augmenté ses demandes aux organisateurs du festival BPM cette année. Mais les organisateurs, qui avaient une relation décente avec le groupe jusque-là, ont ignoré ces demandes, toujours selon cette source que CBC refuse de nommer pour des raisons de sécurité.

« Ils peuvent se retourner contre vous dans la seconde », a indiqué la source de CBC.

BPM, qui organise chaque année depuis 2008 le festival à Playa del Carmen, a annoncé au cours des 10 jours de l’événement qu’il en était à sa dernière édition au Mexique. Les organisateurs entendaient déménager le festival au Brésil ou au Portugal.

Les organisateurs du festival BPM se terrent depuis la fusillade, selon la source de CBC et les tentatives du réseau de télévision pour les joindre sont demeurées vaines. Dans une déclaration effectuée par voie de communiqué, BPM soutient collaborer avec les autorités locales afin d’assurer la sécurité des visiteurs.

« Nous partageons la peine causée par cet acte de violence insensé et nous coopérons pleinement avec les forces de l’ordre locales et les représentants du gouvernement pendant qu’ils poursuivent leur enquête », avance le communiqué en précisant que des membres de l’équipe de sécurité de BPM avaient péri en tentant de protéger des clients du bar.

Drogue, protection et extorsion

Bien que les autorités mexicaines n’aient toujours pas établi de lien entre la fusillade et les cartels de la drogue, le procureur général Miguel Angel Peche n’écarte pas que des demandes auraient pu être effectuées.

« Ou bien ils ont été incapables de s’entendre sur le paiement d’une somme pour assurer la protection de l’événement ou c’est tout simplement de l’extorsion, avance M. Peche précisant qu’« il pourrait également s’agir de quelqu’un qui se serait vu refuser l’autorisation de vendre de la drogue à l’intérieur [du bar] ».

« Peut-être que l’hypothèse la plus probable est que quelqu’un est allé à cet endroit afin de réclamer le paiement pour la protection », a ajouté le procureur en conférence de presse.

Selon Walter McKay, expert de la sécurité mexicaine et ancien policier aujourd’hui installé en Colombie-Britannique, la fusillade de lundi est l’œuvre des membres du cartel Zetas. Il précise que le fait de brasser des affaires à Playa del Carmen vient avec un prix. Ceux qui veulent y faire des affaires doivent ainsi respecter un certain nombre de règles informelles.

« C’est un mal nécessaire, poursuit M. McKay. S’ils ne veulent pas que quelqu’un débarque à leur événement et ouvre le feu, ils doivent payer. »

« C’est un territoire qui appartient traditionnellement - et depuis longtemps – aux Zetas, poursuit-il. Ce qui s’est produit, sans aucun doute, c’est qu’ils devaient payer une cotisation – un pot-de-vin – afin de tenir l’événement. »

C’est de l’extorsion, tout simplement.

L'expert en sécurité mexicaine, Walter McKay

Les autorités fédérales soutiennent que le cartel Zeta sévit dans cet État mexicain depuis plusieurs années, particulièrement à Cancún. Ils ont été montrés du doigt lorsque huit personnes sont mortes dans l’explosion d’un bar en 2010.

L’influence du cartel de la drogue dans cet État remonte au moins au début des années 1990 sous le gouverneur Mario Villanueva. Ce dernier a plus tard été reconnu coupable aux États-Unis pour son implication dans le trafic de drogue.

Avec les informations de la CBC

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