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Une centaine de personnes tuées dans un attentat à Kaboul

Au moins 95 personnes ont été tuées et près de 160 ont été blessées samedi dans l'explosion d'une ambulance à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, a indiqué le ministère de la Santé.

Le bilan risque de s'alourdir, « car certains blessés ont été hospitalisés dans un état critique », avait prévenu plus tôt Baryalai Hilali, directeur des communications du gouvernement.

L'attentat a été revendiqué par les talibans, qui avaient également revendiqué celui ayant tué plus de 20 personnes, la semaine dernière, à l’hôtel Intercontinental de Kaboul.

La présidence afghane a dénoncé dans un communiqué « un crime contre l'humanité ».

Quatre suspects ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

L'ambulance se dirigeait vers le ministère de l'Intérieur, a indiqué Nasrat Rahimi, porte-parole adjoint du ministère. Interpellé par les policiers à un point de contrôle, le kamikaze a affirmé qu'il amenait un patient à l'hôpital, avant de provoquer l'explosion du véhicule près d'un second point de contrôle, a-t-il expliqué. Il s'est fait sauter avant d'atteindre ses cibles.

Les soupçons du gouvernement se portent sur le réseau terroriste Haqqani, proche des talibans et installé à la frontière pakistanaise, a ajouté M. Rahimi.

Manque de place dans les hôpitaux

Débordés, les hôpitaux renvoient les patients d'un établissement à l'autre.

« C’est un massacre », a réagi sur Twitter Dejan Panic, coordonnateur en Afghanistan du groupe italien Emergency, qui gère un hôpital de traumatologie à proximité de l’endroit où est survenu l’attentat.

L'hôpital, qui traite 163 blessés, a été contraint de les installer sur des matelas à même le sol. L'établissement a fait savoir qu'il ne pouvait pas accueillir davantage de patients.

« À l'hôpital Jamuriate, on nous a dit que c'était plein de morts et de blessés, ils nous ont renvoyés à Emergency. Mais ici aussi ils sont débordés », a raconté à la télévision Ariana News un homme dont le frère était blessé.

De très nombreuses victimes – hommes, femmes, enfants – ont été acheminées à l'hôpital Jamuriate, où elles étaient traitées dans les couloirs.

Kaboul en état d'alerte

L'explosion, de très forte intensité, a secoué la capitale. Les bâtiments de la rue des antiquaires ont vu leurs vitres voler en éclats comme ceux de tous les quartiers à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

La déflagration est survenue à proximité du ministère de l'Intérieur, du siège de la police et de plusieurs ambassades étrangères, dont la plupart des employés ont été placés en confinement.

Le Haut Conseil de la Paix, chargé des négociations avec les talibans, estimait avoir été la cible privilégiée. « Ils ont visé notre barrage. C'était énorme, toutes nos vitres ont été soufflées », a dit l'un de ses membres, Hassina Safi.

Les membres de la délégation européenne ont été rapidement mis en sécurité, a déclaré l'un d'entre eux à l'AFP.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier depuis l'explosion d'un camion piégé qui avait fait 150 morts et 400 blessés, en mai, dans le quartier diplomatique de la capitale.

Une « action décisive » contre les talibans, dit Trump

Le président américain, Donald Trump, qui a condamné l’attentat, a appelé samedi à une « action décisive » contre les talibans.

Son secrétaire d’État, Rex Tillerson, a repris pratiquement les mêmes termes dans un communiqué sans nommer de pays en particulier.

Les regards sont toutefois braqués sur le Pakistan voisin que Washington accuse de plus en plus d'être trop complaisant à l'égard de groupes insurgés comme les talibans afghans.

Au début du mois, le président Trump avait montré du doigt Islamabad lui reprochant « mensonges » et « duplicité » dans sa lutte contre le terrorisme. L’administration américaine menace même de suspendre une aide de quelque deux milliards de dollars au Pakistan.

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