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Une coalition de mères canadiennes dénonce l’inaction des écoles face aux cas d’intimidation

Une dizaine de mères dans trois provinces unissent leur voix pour demander l'intervention du premier ministre du Canada. Selon ces parents d'enfants qui auraient été intimidés, les lois provinciales pour lutter contre l'intimidation sont contournées ou ne sont tout simplement pas appliquées par les écoles.

Un texte de Lisa Marie Fleurent

Des dizaines de messages électroniques et de textos ont été échangés entre quatre mères du Québec, cinq de l’Ontario et une de l’Île-du-Prince-Édouard.

Leurs histoires, ou plutôt celles de leurs enfants sont tristement semblables. Pendant des mois, voire des années, leurs enfants auraient été la cible d’intimidation.

Chansonnettes blessantes, coups, embuscade et fracture de la jambe, voici quelques exemples de la violence vécue dans les écoles primaires du pays, racontent-elles.

Un cri du coeur national

L’inaction des écoles, des conseils ou commissions scolaires et des gouvernements provinciaux, disent-elles, les force aujourd’hui à s’unir et à presser Justin Trudeau d’agir.

La médiatisation de graves cas d’intimidation à travers le pays a poussé quatre mères du Québec, qui luttent pour que les choses changent depuis 2013, à entrer en contact avec des parents d'autres provinces qui ont vécu une expérience semblable.

S’en sont suivi de nombreuses correspondances pour que finalement aboutisse une lettre destinée au premier ministre canadien.

« On se demande comment ça se fait que lorsque les enfants et les parents dénoncent, il ne se passe rien... », interroge Christine Gingras.

À Kitchener, en Ontario, les messages envoyés par les mères québécoises, ont surpris Cortney Turner, une mère dont le petit garçon a décidé de changer d’école pour cesser d’être intimidé.

Rose-Lune Goulet de Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard n’a pas hésité un instant à signer au bas de la lettre destinée au premier ministre du Canada.

Cette mère d'un enfant qui souffre d'un trouble de l'autisme est persuadée que son fils a été victime d'un acte d'intimidation. Il a subi une fracture du fémur à l'école.

La Commission scolaire de langue française et la police de Charlottetown refusent de parler d'intimidation dans ce cas-ci.

Des lois perfectibles

L’Ontario tout comme le Québec a adopté une loi pour définir l’intimidation et prescrire les conséquences en cas de harcèlement.

L’Île-du-Prince-Édouard n’a pas de loi ciblant particulièrement l’intimidation. La Loi sur l’Éducation comprend quelques lignes expliquant qu’il est interdit de harceler ou d’intimider et que de tels gestes doivent être dénoncés.

Les parents des trois provinces tirent tous la même conclusion : ces lois sont loin d’être parfaites.

Le ministre québécois de l’Éducation du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, n’était pas disponible pour une entrevue.

Son homologue ontarienne, Indira Naidoo-Harris, assure qu’il revient « au conseil scolaire de prendre les bonnes décisions ».

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