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Une coalition de musulmans réclame des mesures pour lutter contre l'islamophobie au pays

Mobilisés par la tragédie du Centre culturel islamique de Québec, une quarantaine de groupes musulmans du Canada réclament des trois paliers de gouvernement des actions concrètes pour lutter contre l'islamophobie.

« Ce qui s’est passé dans la Ville de Québec a été un signal d’alarme », a déclaré Amira Elghawaby, du Conseil national des musulmans canadiens, lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Ottawa.

Pour Mme Elghawaby, ce sont « l’ignorance, la peur et la désinformation » qui ont pu motiver l'auteur de cette attaque qui a coûté la vie à six personnes. D’où l’importance de tirer des leçons de cette tragédie et de prendre des mesures pour lutter contre la haine, un message lancé par une coalition de quelque 40 groupes musulmans de partout au Canada qui vient de publier une lettre ouverte à cet effet.

Une vingtaine de personnes sont également signataires de cette lettre.

Par ailleurs, une douzaine d’organismes tels qu’Amnistie internationale et la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles ont appuyé ces groupes et ces personnes dans leur démarche.

On assume aujourd'hui un grand bilan chargé et complexe.

Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec

Les gouvernements doivent intervenir

La coalition y va de recommandations à l’intention des trois paliers de gouvernement.

Au municipal : l’attribution de ressources supplémentaires aux services de police locaux, notamment pour la conduite d’enquêtes sur les crimes haineux.

Au provincial : la création d’une direction générale de l’action contre le racisme, à l’instar de ce qu’a fait l’Ontario, afin d’examiner les questions de racisme systémique dans le mandat du gouvernement et de faire œuvre de sensibilisation et la création d’un cours obligatoire sur le racisme systémique pour les élèves du secondaire. Au Québec, où le programme comporte déjà un cours sur l’éthique et la culture religieuse, on pourrait enrichir ce cours en abordant les questions de xénophobie, de négrophobie, d’antisémitisme et d’islamophobie.

Au fédéral : l’adoption unanime, par tous les parlementaires, de la motion déposée par Iqra Khalid, députée de Mississauga-Erin Mills. Dans cette motion, il est réclamé qu’Ottawa étudie les moyens de diminuer, voire d’éliminer le racisme systémique et la discrimination religieuse.

Enfin, la coalition demande à ce que le 29 janvier soit déclaré par le Parlement comme étant la Journée nationale du souvenir et de la lutte contre l’islamophobie.

« Le laisser-aller peut coûter des vies » - Sabrina Sassi

Les leaders des groupes musulmans participant à la conférence de presse n'ont pas manqué de saluer les nombreuses marques de solidarité manifestées à travers le pays à la suite de l'attaque perpétrée à Québec.

Mais pour que pareille tragédie ne se répète pas, les discours ne suffisent pas, disent-ils.

« On ne peut plus se permettre de laisser faire et de laisser aller », a déclaré Sabrina Sassi, qui a résidé quelque temps à Sainte-Foy et qui est candidate au doctorat à l'Université Laval.

Le laisser-aller peut coûter des vies et on l'a vu. [...] À mes yeux, il n'y a pas de prix plus fort qu'une communauté puisse payer.

Sabrina Sassi, étudiante

« On a vécu une expérience amère », a déclaré pour sa part Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec où s'est produite l'attaque. « Aucune autre communauté ne doit vivre une expérience semblable. »

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