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Une commission d’examen étudiera la libération inconditionnelle de Vince Li

La Commission d'examen du Code criminel du Manitoba accepte d'étudier une demande d'absolution inconditionnelle déposée par l'avocat de Vince Li, l'homme jugé non responsable criminellement d'avoir poignardé et décapité Tim McLean dans un autobus Greyhound en juillet 2008.

Vince Li, qui est schizophrène, vit déjà dans la communauté sous un nouveau nom et a été libéré sous conditions l'an dernier.

Lors d’une réunion de la Commission, lundi, l’avocat de l’homme a soutenu que son client avait droit à une libération inconditionnelle, selon une décision de la Cour suprême rendue en 1999. Celle-ci exige l’absolution inconditionnelle d’une personne qui ne représente plus une menace pour la sécurité du public.

La Couronne a alors demandé un ajournement, mentionnant avoir été surprise par cette demande d’absolution inconditionnelle. Après une brève interruption, la Commission a toutefois refusé cette demande.

L'année dernière, Vince Li a été libéré avec certaines conditions qui prévoient qu'il prenne ses médicaments sous surveillance, que son adresse soit communiquée à l'équipe médicale qui le suit et qu'il n'ait aucun contact avec la famille de la victime.

S’il obtenait une absolution inconditionnelle, M. Li n'aurait plus à subir une évaluation annuelle et ne serait soumis à aucune condition. Selon les experts, les individus non criminellement responsables ont peu de chance de récidiver.

Une rechute « peu probable »

À la barre des témoins, le psychiatre responsable de Vince Li a mentionné que son patient présente peu de risque de rechuter, et s’est dit confiant que M. Li chercherait de l’aide si jamais des symptômes de sa schizophrénie réapparaissaient. Dr Jeffrey Waldman a toutefois recommandé que Vince Li soit suivi par un psychiatre, afin de pouvoir repérer tout signe préalable de rechute.

La Couronne a évoqué que l’homme schizophrène n’a réintégré la communauté qu’en novembre et que trois mois n’étaient pas suffisants pour trancher sur la question de libération inconditionnelle. Le procureur a également souligné qu’il n’existe aucune garantie que M. Li continuera à prendre ses médicaments anti-schizophrènes sans surveillance.

Bien qu’il soit possible, Dr Waldman affirme qu’il est « peu probable » que Vince Li abandonne son traitement pharmacologique, car il est « déterminé à prendre les mesures qui s’imposent » pour assurer sa santé mentale, y compris une prise de médicaments supervisée.

La Commission d’examen du Code criminel du Manitoba fera connaître sa décision à une date non encore déterminée.

Un « patient modèle »

En 2008, Vince Li était assis à côté de Tim McLean dans un bus qui roulait à hauteur de Portage la Prairie lorsqu'il l'a poignardé à plusieurs reprises avant de mutiler son corps. Il a depuis été jugé non responsable criminellement en raison de sa schizophrénie. Vince Li pensait au moment des faits qu'il avait été choisi par Dieu pour sauver les gens d'une attaque extraterrestre.

La désignation de non-responsable criminellement est un principe fondamental du système de justice canadien depuis 1992. La personne accusée doit avoir la capacité de comprendre que ce qu'elle a fait est mal. Dans le cas contraire, elle ne peut pas être reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés.

Chaque année, la Commission d’examen du Code criminel du Manitoba a consenti à donner à Vince Li plus de liberté, car les médecins l'ont qualifié de « patient modèle » et ont estimé qu'il représentait un risque faible pour la société.

Avec des informations de Pierre-Gabriel Turgeon, Cam McIntosh (CBC) et Karen Pauls (CBC).

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